Véronica Guerin

Elle fait des études d’économie au Trinity Collège, puis son père la prendra dans sa société spécialisée dans les relations publiques jusqu’à sa mort en 1983.

Sept ans plus tard, elle embrasse le métier de journaliste et travaille dans un premier temps pour le Sunday Business Post. Puis devient journaliste d’investigation pour le City’s Sunday Tribune.

Ce n’est qu’en 1994 qu’elle rejoint l’équipe du journal à très grand tirage, le Sunday Independant.

Elle se fait une renommée dans le monde journalistique irlandais grâce à la virulence de ses articles dénonçant les escrocs, le grand banditisme, et le marché de la drogue.Tout au long de sa carrière, la quête de la vérité fût sa philosophie.

Femme de terrain, elle allait au devant de ses sujets, au péril de sa sécurité n’hésitant pas à visiter à leur domicile les gros bonnets de la pègre irlandaise afin de leur tirer les vers du nez. Les lois irlandaises très strictes encadrant la diffamation, obligeait la journaliste à utiliser dans ses articles des pseudonymes, « le moine », le « Coach »…

L’enquête qu’elle mena sur le milieu de la drogue commença à lui attirer de sérieuses menaces. Dès la publication du premier article évoquant le rôle du « Général » deux balles sont tirées sur sa demeure en octobre 1994 et c’est en janvier 1995 qu’un homme frappa à sa porte, pour l’agresser en lui pointant une arme à feu sur la tête, puis en lui logeant une balle dans la cuisse à bout portant. L’agresseur ne fût jamais identifié, même si certains pensent qu’il y aurait un lien avec le casse historique du dépôt de l’aéroport. Véronica avait écrit un papier mettant en relation les trafiquants et le hold up.

A peine remise de son attaque, elle se fait conduire par son mari chez plusieurs présumés coupables de son agression. Une alarme fut installée et une escorte policière l’accompagna dans ses déplacements. Consciente que la présence de la police à ses cotés nuisait à son travail d’investigation elle demanda la levée de cette mesure.
Septembre 1995, son enquête sur le cartel de la drogue de Dublin l’amène chez un certain John Gilligan. Dans les yeux elle lui demande l’origine de ses revenus lui permettant d’entretenir un centre équestre aussi important. Le propriétaire la passe aussitôt à tabac, lui déchire ses vêtements à la recherche de micros. Puis il la menacera ensuite de violer son fils et de la tuer ensuite si un seul article lui faisant référence était publié. Le fait que l’on veuille s’en prendre à son fils l’effraya et la traumatisa au plus haut point mais elle décida de ne pas céder à la menace. Elle ne devait pas perdre la guerre contre la drogue, c’était devenu plus qu’un simple reportage, une mission.

C’est en décembre 1995 qu’elle reçoit le « press freedom award » pour sa bravoure à enquêter dans les conditions les plus exécrables avec les menaces de morts de la pègre et les menaces d’emprisonnements en cas d’infraction à la législation Irlandaise concernant la diffamation.

Excédé par l’ingérence de la journaliste dans leurs sales besognes, un ordre est donné pour son élimination.
Son meurtre aura lieu l’après-midi du 26 juin 1996. A une intersection, arrêtée à un feu rouge elle téléphonait à un ami. Une moto chevauchée par deux hommes arrive à sa hauteur, le passager ouvre le feu à 5 reprises à bout portant tuant sur le coup Véronica Guérin.

Ses funérailles réunirent des milliers de personnes. Le président ainsi que des membres du gouvernement suivirent le cortège. Le 4 juillet un moment de recueillement fut suivi à travers toute l’Irlande.

Celui qui devint le premier «repenti » d’Irlande, Charles Bowden permit l’arrestation des principaux coupables. La police appréhenda en octobre 1996 le trafiquant d’héroïne Paul Ward (le bras droit de Gilligan) pour participation au meurtre de Véronica Guérin. Il avait fourni l’arme et la moto et fut condamné à la prison à vie par la cour criminelle spéciale de Dublin.
Le 29 juillet 1999, Brian Meehan, arrêté aux Pays-Bas en octobre 1997, est également reconnu coupable d’avoir participé au meurtre et est accusé de 17 autres chefs d’inculpation.
Extradé de Grande Bretagne, John Gilligan, dont on n’a jamais pu (ou voulu) prouvé sa participation directe à l’assassinat, fut interpellé pour blanchiment et trafic de cannabis à 28 ans de prison. Par la suite, le gouvernement Irlandais rajouta dans sa constitution une loi permettant la saisie des biens de criminels coupables de blanchiment de l’argent de la drogue.

Les citoyens des quartiers de Dublin infectés par la drogue se soulevèrent et rendirent la vie impossible aux dealers. Le 15 mars 2001 John Gilligan a été acquitté pour le meurtre de la journaliste et purge sa peine à la prison de Portlaoise pour trafic de cannabis.

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