Biographie d’Andi Hug
Andi Hug, de son vrai nom Andreas Hug, fut un champion suisse de K-1 (tournoi international de Kickboxing japonais) au parcours extraordinaire. Andi est né le 7 septembre 1964 à Zurich, fils d’un père légionnaire, il vécut en Argovie avec son frère, sa sœur et ses grands-parents. Il commença les arts martiaux à l’âge de 10 ans dans la commune de Wohlen et se spécialise par la suite dans le Karaté Kyokushinkai, un Karaté de full-contact fait pour le combat réel, pour gagner à l’âge de 17 ans le titre de champion national de cette discipline. Andi surprend par ses capacités physiques et ses coups spectaculaires comme le Mawashi Geri (coup de pied circulaire), le Ushiro Geri (coup de pied retourné) et son extraordinaire Kakato Geri (coup de pied marteau, descendant verticalement). C’est grâce à ces techniques qu’il remportera à 19 ans le titre européen de Kyokushinkai et qu’il arrivera en final du titre mondial au Japon à 22 ans. Il s’inclinera face à Shokei Matsui mais sa prestation impressionnera tant les Japonais qu’il sera surnommé le « Typhon », « Tetsujin » (l’homme de fer) ou « Hug Tornado » à cause de ses coups de pieds.
En 1992, il passe du Karaté Kyokushinkai au Karaté Seïdokaikan, un Karaté plus traditionnel et plus polyvalent avec des techniques de clé et de projection. Il aura pour maître Kazuyoshi Ishii, le fondateur du K-1 et remportera le titre mondial de Seïdokaikan. A partir de là, il commence à participer au K-1 mais il y dispute peu de match. Il remporte son deuxième prix mondial en 1994 mais de Muay Thaï en écrasant ses adversaires par des techniques de pied plus efficaces. Puis 1995 est une année noire pour lui, où il subit trois défaites dont deux face à Mike Bernardo mais il se rattrape en battant Jérôme Le Banner en décembre. Ayant été l’élève de Kazuyoshi Ishii, Andi décida de participer plus activement au K-1 en s’inscrivant au World Grand Prix 1996 malgré son parcours de karatéka, inhabituel dans un milieu où règnent les pratiquants de Full-Contact, de Kickboxing ou de Muay Thaï. Le Grand Prix est une compétition où seuls les combattants de plus de 93 kg peuvent participer, c’est le tournoi le plus populaire et le plus dur du K-1 avant la création du Hero en 2005. Andi Hug écrasera Bart Vale à l’Opening du tournoi et vaincra pendant le tournoi Duane Van Der Merwe. Puis il disputera la demi-finale face à Ernesto Hoost, un grand combattant de Kickboxing, qu’il remportera après quatre rounds et pour finir il aura sa revanche en vainquant par KO Mike Bernardo à la finale du tournoi, remportant le titre du K-1 Grand Prix 1996. Après cette victoire, Andi prendra aussi la ceinture mondiale WMTC des super-lourds à « Stan The Man » la même année. Les années suivantes Andi disputera deux fois la finale du Grand Prix en 97 et 98 mais perdra face Ernesto Hoost et Peter Aerts. Il gagnera plusieurs combats face à de grands combattants en dehors du Grand Prix jusqu’en 2000, il reçut même le titre exceptionnel de Samouraï de la part de Kazuyoshi Ishii et sera connu du public comme le « Samouraï aux yeux bleu ». Malheureusement pour lui, le Grand Prix 1999 commence directement par un combat avec Ernesto Hoost qu’il perdra. Espérant se rattraper pendant le Grand Prix 2000 où il voulait remporter la finale pour terminer en beauté sa carrière, Andi s’entraîna durement et remporta de durs combats comme celui face à Mirko « Cro-Cop ». Mais il n’eut pas le temps de commencer le Grand Prix, il mourut d’une leucémie le 24 août 2000 quelques semaines avant son anniversaire.
Andi Hug fût le premier karatéka à remporter un Grand Prix de K-1, il totalisera 38 victoires, 1 nul et 9 défaites. Ses victoires ont permis à d’autres karatékas de faire leurs places dans le milieu, depuis sa mort les tournois de K-1 sont organisés en son nom. Le 28 août, le jour de la cérémonie officielle et de la crémation du défunt champion au Japon, 12′000 personnes assistèrent à la cérémonie y compris des combattants, des politiciens et des chefs d’entreprise. Un autel de commémoration a été créé à Tokyo par ses fans japonais et le geste le plus beau de la part du Japon est d’avoir conservé ses cendres dans le cimetière du Temple Hoshuin. Ce grand complexe de 32 temples, inaccessible au public, est un lieu de tranquillité comme Andi les adorait. Ce temple fût construit en 1608 en l’honneur de Toshiie Maeda, un grand guerrier de l’histoire japonaise incarnant l’idéal du Bushido. Dans le folklore japonais, l’esprit de Toshiie Maeda est immortel et sert de guide spirituel aux samouraïs, c’est donc un énorme honneur que l’urne d’Andi Hug se trouve à 10 mètres de celle de Toshiie Maeda et de sa femme. Ilona Hug, la femme d’Andi, organisa aussi une seconde cérémonie le 1er septembre en Suisse à Zurich dans l’église Grossmünster pour les fans suisses et européens ainsi que pour la famille Hug. La cérémonie suisse réunit plusieurs milliers de personnes et fût décrite comme magnifique, avec plusieurs interventions de proches, les tonalités de la musique préférée d’Andi jouées par l’église. Pour finir, plusieurs centaines de fleurs furent déposées en face de l’église, devant le portrait d’Andi Hug, le plus grand champion suisse de Kickboxing et le « Samouraï aux yeux bleu » des Japonais. Par la suite, Ilona construira en 2004 un mémorial à Wohlen où une sculpture de son torse et un buste résident. Le premier symbolise sa force et sa rigueur et la peine qu’il a eu à quitter sa terre natale et le second symbolise le Japon, la terre où il a fait sa renommée pour devenir un guerrier.
Alexandre






















