C’était il y a 1 279 ans, jour pour jour.

Charles de Steuben, La Bataille de Poitiers

Les Sarrasins s’étaient avancés en triomphe l’espace de plus de trois cents lieues, depuis le rocher de Gibraltar jusqu’aux bords de la Loire, et, en faisant trois cents lieues de plus, ils seraient arrivés aux confins de la Pologne et aux montagnes de l’Ecosse : le passage du Rhin est aussi facile que celui du Nil et de l’Euphrate, et d’un autre côté la flotte arabe aurait pu pénétrer dans la Tamise sans livrer un combat naval. Les écoles d’Oxford expliqueraient aujourd’hui le Coran, et du haut de ses chaires on démontrerait à un peuple circoncis la sainteté et la vérité de la révélation de Mahomet. Le génie d’un seul homme sauva la chrétienté. [...] On est surpris que le clergé, qui doit à Charles Martel son existence, n’ait pas canonisé ou du moins n’ait pas comblé d’éloges le sauveur de la chrétienté.

Edward Gibbon (1775-1888), Histoire de la chute et de la décadence de l’Empire romain

Lépante 1571 est disponible dans la boutique de l’Autre Jeunesse !

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Quand l’esprit se souvient, la flamme se maintient

« Je me trouvais à cette grande et mémorable journée de Lépante… en ce jour si heureux pour la Chrétienté… les chrétiens qui y périrent eurent plus de bonheur encore que ceux qui restèrent vivants et vainqueurs. »

Miguel de Cervantès

                 Cet ouvrage collectif vient célébrer le 440ème anniversaire de la victoire de Lépante.

Victoire de l’Europe coalisée face à l’Envahisseur, victoire d’une Europe dépassant les querelles et égoïsmes « nationaux » pour faire face.

L’historien Bernard Lugan déclarait récemment dans un entretien (que vous retrouverez sans difficulté sur internet) que l’histoire de l’Europe avait été faite de ces hommes et femmes qui à un moment clef avaient décidé de dire « Nous ne reculerons plus ». Il est certain que le pape Pie V et le jeune et vaillant Don Juan d’Autriche furent de ceux-là.

Le pape prit conscience de la menace fatale et sut convaincre les princes d’Europe (aux exceptions notables de la France et de l’Angleterre) ; Don Juan eut lui cette formidable force vitale qui le poussa vers la victoire. N’était-il pas de la même maison que ceux qui achevèrent la Reconquista un siècle plus tôt ?

Nous avons demandé à plusieurs responsables politiques et non pas à des historiens (bien que certains cumulent ces qualités) de mener une réflexion autour de Lépante, davantage que sur Lépante uniquement. Chacun livrant, à travers des évocations historiques bien entendu, son regard et sa perception. Car au-delà de la geste de Lépante, vous l’aurez compris, c’est son message qui nous importe.

Nous avons aussi jugé utile de convoquer, en annexe, quelques grands auteurs ayant écrit à propos de la bataille de Lépante (ou y ayant même participé, comme Cervantès !).

Pie V et Don Juan d’Autriche l’avaient compris bien avant que Charles Maurras ne l’écrive : « Le désespoir en politique est une sottise absolue ».

Puissent ces quelques pages gonfler les voiles des navires de la résistance européenne.

 

Les éditions IDées

La Fête de la musique ou la République tuant la tradition

Par Christophe Daniou, de Jeune Bretagne

Je me rappelle mon enfance et l’arrivée de l’été. A l’époque, je ne comprenais pas ce qui se passait, mais c’était la fête dans mon quartier. Les voisins se rassemblaient dans un champ où l’on avait installé un barnum, où l’on cuisinait des pièces de viande à la broche. Et dès que la nuit tombait, un bûcher s’allumait et s’embrasait pendant une bonne heure, voire plus.

Je me retrouvais bouche bée chaque année devant celui-ci, sans être conscient que l’on perpétuait ainsi la tradition séculaire du solstice d’été, appelé par d’autres, « feu de la Saint Jean ».

Les solstices ont pour but de rendre hommage au rythme des saisons. Appelé « solstice » par les païens, (samain, solstice d’été/d’hiver) puis rebaptisé en d’autres noms par les chrétiens (Noël, Toussaint, fête de la Saint Jean, …). Ils représentent une lointaine tradition.

Mais un beau jour d’été, au lieu de tous se rejoindre comme à l’accoutumée dans le champ pour faire la fête, mes parents m’emmenèrent sur la place du village. Je restais comme interloqué. On y retrouva quelques centaines de personnes et des groupes de musique qui jouaient sur la scène. La soirée se passa et l’on rentra à la maison.

J’interrogeais alors mes parents : « Où est le bûcher ? », « Quand est-ce qu’on allume le feu ? » La réponse fut cinglante : « Il n’y en aura pas ce soir ».

Je n’ai pas cherché à comprendre.

La République a réussi. Une tradition perdue de plus. Les traditions, c’est le lien entre nous et nos ancêtres. C’est ce qui fait notre éducation, notre identité.

La Fête de la musique, évènement créé en 1982, avait pour but de célébrer l’arrivée de l’été. Mais pourquoi donc créer une nouvelle fête alors que le solstice existe et était encore présent dans de nombreux villages ?

La République française, héritière de l’humanisme et de l’égalitarisme, a voulu créer un homme nouveau et sans racines. Cela passait nécessairement par la destruction des identités régionales, par l’abandon des traditions ancestrales et par un métissage généralisé de la population.

L’identité régionale s’oppose à la vision jacobine de la république qui veut faire du Flamand, du Breton ou du Bourguignon le même individu venu de nulle part. Nous savons tous que la Bretagne a souffert de la République. De par l’interdiction de parler Breton, de par les clochers détruits pour les paroisses réfractaires à la Révolution, de par l’implantation massive de non-Bretons en Bretagne, de par l’obligation d’émigrer dans les grandes villes françaises pour trouver un travail, de par la séparation de Nantes et de la Bretagne.

La tradition, comme je le disais plus haut, c’est ce qui nous relie à nos ancêtres. Quand j’étais petit, je n’étais pas conscient d’être un fils de l’Europe ni que mes aïeux les plus lointains se retrouvaient également devant un feu pour le solstice d’été.

Ils ont remplacés nos légendes par de tristes croyances.

Au lieu d’éduquer nos enfants avec nos contes populaires ou les légendes de la Table ronde, nous leurs offrons des Oui Oui, des Dora ou des Titeuf… Au lieu d’apprendre les chants bretons à nos enfants, nous leurs offrons le dernier CD de Lady Gaga ou de Booba. Au lieu d’envoyer nos enfants aux festou-noz, on préfère les laisser aller « clubber » en boite de nuit. Voilà comment les jeunes se retrouvent déracinés et sans repères.

Aujourd’hui, le petit Blanc n’aurait-il le choix qu’entre devenir une racaille de campagne, ou une victime ethno-masochiste et métrosexuelle ?

De plus, l’Etat a facilité le déplacement de population. Combien de Bretons sont-ils nés en Bretagne de parents bretons ? Combien de Parisiens sont nés à Paris de parents parisiens ? La France, l’Europe, serait-elles devenues des patries d’hommes déracinés, incapables de se souvenir d’où ils viennent ?

Parce que nous ne voulons pas de cet avenir pour nos enfants, catholiques ou païens, le 18 juin au soir rappelons nous nos ancêtres, et fêtons tous ensemble le solstice d’été !

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La dignité japonaise et le réveil de l’homme européen

Par Julien Langella

Au royaume de la fleur et de l’acier, les rivières de feu ont tout emporté… Ou presque. Comme hier l’Occident sous la conduite américaine, au sortir de la Second Guerre mondiale, la vague meurtrière du tsunami n’a pas entamé l’âme des Japonais, fils des Bushi, moines de la voie de l’épée dont les vertus irriguent encore la nation du Soleil écarlate. “Parties sur quelle mer, quelle terre / je l’ignore. / Elles demeurent invisibles, / les nobles âmes / gardiennes du pays” (poême de l’impératrice Michiko). L’âme du peuple japonais, elle, est éternelle : elle demeure plus que jamais visible au milieu du chaos. Elle nous rappelle, à tous les égards, l’âme européenne. Pour un Européen, la conduite actuelle des Japonais n’est pas si mystérieuse et impénétrable que les journalistes et les faiseurs d’opinion veulent bien le dire. Et pour cause : leurs anticorps sont aussi les nôtres…

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Fils d’Europe, tous fils d’Homère

Ce n’est pas un manuel militant, encore moins de doctrine politique. Et pourtant, il est impossible pour un membre de l’Autre Jeunesse de se passer d’une pareille lecture. L’Iliade et l’Odyssée ne sont pas seulement des poèmes élégants, à ranger sagement dans sa culture générale. Ils sont le miroir de nous mêmes, Européens. Ils posent les bases de notre identité et sont une invitation à l’expression de nos vertus les plus hautes : Courage, Honneur, Amour, Fidélité.

Poèmes de l’adversité et du dépassement de soi, l’Iliade et l’Odyssée sont des guides spirituels pour qui veut s’assurer la victoire au combat. Ce qui n’est, finalement, pas si éloigné de l’objectif d’un manuel militant ou de doctrine politique…

Précision importante : l’Iliade et l’Odyssée restent des récits. Et comme tous les récits, on se gâche le plaisir de leur découverte lorsqu’on s’inflige la lecture d’études sur le sujet ou tout simplement de leur préface ou introduction, qui ôtent généralement tout suspense en révélant la fin… Soyez vierge de toute connaissance sur ces poèmes : c’est le meilleur moyen d’être réellement envoûté par eux.

Dans ces poèmes circule la sève d’une éternelle jeunesse. Ils sont la source de notre littérature et d’une part importante de notre imaginaire. Leur style prodigieusement inventif peut sembler tout d’abord un peu déroutant avec ses attributs répétitifs qui servaient de repères aux auditeurs antiques. Mais il faut entrer dans le texte et bientôt on en est envoûté.
En composant l’Iliade, Homère se fit le créateur de la première de toutes les épopées tragiques, et avec l’Odyssée celui du premier de tous les romans. L’une et l’autre placent l’individualité des personnages  au centre du récit, ce que l’on ne trouve dans la tradition d’aucune autre civilisation. Comme l’a souligné André Bonnard, l’Iliade est un monde peuplé d’innombrables personnages distincts les uns des autres. Pour les faire vivre, Homère ne les décrit pas, il lui suffit de leur prêter un geste ou une parole. Il y a des centaines de guerriers qui meurent dans l’Iliade, mais par un trait spécifique, le Poète leur donne une vie singulière à l’instant de mourir. « Et Diorès tomba dans la poussière, sur le dos, tendant les bras vers ses camarades » (IV, 524). Un seul geste et nous voici touchés par ce Diorès inconnu et son amour de la vie.

Homère nous a légué ainsi dans leur pureté inaltérée nos modèles et nos principes de vie : la nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon, dans le respect mutuel du féminin et du masculin. Le Poète nous rappelle que nous ne sommes pas nés d’hier. Il nous restitue les assises de notre identité, l’expression primordiale d’un patrimoine éthique et esthétique « nôtre », qu’il tenait lui-même en héritage. Et les principes qu’il a fait vivre par ses modèles n’ont pas cessé de renaître jusqu’à nous, preuve que le fil secret de notre tradition ne pouvait être rompu.

Dominique Venner

Acheter l’Iliade et l’Odyssée (à éviter absolument : l’édition d’Annie Collognat-Barès)