Raid « Une Autre Jeunesse » été 2010 – la vidéo

Par Augustin

Nous publiions il y a quelques mois le compte rendu et les photos d’un raid de 4 jours effectué courant août 2010 par cinq de nos camarades partis à la découverte des rives et des villages de la Loire à bord d’un radeau construit de leurs mains. À l’approche de l’été, nous prenons plaisir à rappeler leur aventure rafraîchissante, qui a la force de l’exemplarité.

Dans la moiteur de cette chaude matinée d’été, de lourds nuages massifs survolaient la Terre. Nomades et mystérieux, ils pérégrinaient en silence, des océans de l’Occident aux étendues désertiques de l’Orient, guidés calmement par le vent vers l’horizon flou et déchiré. Au loin retentit le carillon d’une cloche. Tandis qu’assise sur son cheval de bronze, une fille de France coiffée de son heaume doré, jette un regard sur sa cathédrale, figée par la gloire dans une posture vigilante. Les lumières colorées et la féérie de la nuit s’évaporent avec le jour. Orléans s’éveille. La cité s’anime. Et à ses pieds, nonchalante et paisible, la Loire coule. Au loin, dans un bruissement feutré, des ailes immaculées s’allongent et prennent leur envol avec la grâce que seuls connaissent les cygnes.

Raid "Une Autre Jeunesse" été 2010

L’horloge du clocher sonne midi quand une forme plonge pour la première fois dans les eaux émeraudes du fleuve. Et glisse à la surface comme une ombre, trapue, charpentée, menaçante. Elle a l’odeur fruitée de l’acacia et la force de l’acier. La résistance du bambou et l’imperméabilité de la toile. Un rectangle de bois tressé de chanvre, à califourchon sur de lourds cylindres métalliques, couvert d’un triangle de tissu. La rigueur géométrique pousse Archimède dans ses confinements et prend la tangente sur la sinusoïde infinie du cours d’eau.

L’équipage, d’un bond souple, a sauté à bord. Ils étaient cinq. Cinq jeunes hommes à prendre le départ, venus de loin et d’endroits différents, unis comme les doigts de la main à une même destinée, à une même aventure. Un sort incertain, hasardeux, que rien ne laissait présager, mais que la bonne humeur de ces marins de fortune teintait d’espoirs et de promesses. Des bras vigoureux pour faire vivre les rêves… et du courage. Car ainsi vont les artisans d’exploit.

Raid "Une Autre Jeunesse" été 2010

L’embarcation fendait les flots dans un clapotis guttural, rythmé par le tambour régulier des tonneaux qui faisait résonner cette traversée fantastique comme une croisade. La jeunesse partait en guerre. Rebelle et fière, elle luttait contre l’ennui et le confort. Elle reprenait ses droits sur la vie au grand air. Quittée la quiétude de la ville. Envolé le luxe amolli et superflu de la maison qui endort l’esprit. Confrontée à la nature, la jeunesse retourne à sa fougue. Elle retrouve l’éclat de sa force, sauvage et instinctive. Celle qui fait les Hommes. Pendant que sur le bastingage, le parfum de la roche et de l’eau enivre les cœurs. Des rires éclatent, comme des coups de feu. L’aventure commence.

Le rafiot avance lentement. Deux longues gaffes de bambous le font louvoyer à travers les aspérités des profondeurs capricieuses de la Loire. Par endroits, il faut se jeter à l’eau pour libérer l’embarcation d’un piège de sable et de gravier. Les pieds souffrent et le langage se durcit. L’atmosphère se charge d’électricité, prête à foudroyer. Mais la volonté surpasse toujours la difficulté et balaye d’une main le désagrément. Et le chemin continu, toujours aussi lent, toujours aussi farouche. Puis le soleil disparaît derrière le faîte moutonnant d’une forêt et l’équipage pose pied sur un îlot pour la nuit. Le feu crépite et lance ses flammes dorées dans la nuit claire. Et ensorcèle les marins fourbus, qui s’enfoncent rapidement dans un sommeil profond.

Raid "Une Autre Jeunesse" été 2010

Et les jours se suivent ainsi sur les courbes ondulantes du grand fleuve. Suspendu dans le temps, figé par la magie de ces eaux tourbillonnantes, l’équipage se perd dans un univers aux frontières de la conscience et des songes, porté par la poésie et la puissance sauvage de cette immense artère de jade. Un fin crachin matinal dilue l’horizon dans un brouillard flouté. Autour du navire de fortune, les gouttes s’écrasent en une infinité de minuscules cercles concentriques, comme une pluie d’étoiles enfermées dans un miroir. L’air et l’eau ne font plus qu’un. La faune aquatique en liesse improvise un ballet de surface en une pièce d’opéra furtive, scintillante de mille écailles argentées. Puis, un rayon doré transperce enfin l’acier céleste, annonciateur du crépuscule du peuple fragile des géants de l’air. Il fera beau. Sur une berge, une poule d’eau lisse soigneusement le duvet soyeux de ses petits. Ils doivent être beaux pour leur première baignade.

Les jours et les nuits se succèdent au fil de l’eau. Le jour, on croise des groupes de canoës filiformes qui fusent dans l’onde claire. Leurs nageoires latérales plongent au tempo du bon vouloir de leurs passagers. Parfois véloces, parfois nonchalants. Des pêcheurs aussi, assis sur la berge ou au fond d’une barque légère, qui attendent patiemment l’invisible espoir de remonter un magnifique brochet. La politesse est de rigueur, naturelle et bienveillante. Elle unit l’espace d’un instant les hommes d’une amitié fugitive improbable. Le soir, les feux brillent. Perdu au milieu des flots, sur une île oubliée de la civilisation, l’équipage rit en se remémorant les souvenirs du jour passé. L’âme se libère et s’allège pour oublier les meurtrissures du corps. Puis elle s’endort sous la voûte étoilée.

La route est longue et semée d’embûches. Et pourtant, il faut avancer. Sauter, pousser, nager, remonter. Encore et encore. Les mains moites, les tempes ruisselantes, l’union fait la force et l’emporte. Les blessures légères individuelles ne sont rien pour l’espoir de tout un équipage volontaire. Et toujours, l’aventure se poursuit. Un barrage même n’aurait su retenir le flot de cette détermination. Pourtant de taille, l’obstacle ne suscite chez ces marins que plus d’audace. Enthousiaste, tout étendard dehors, battant pavillon rebelle, la jeunesse se jette alors à corps perdu dans l’inconnu. Indifférente au danger. Téméraire et fière.

Raid "Une Autre Jeunesse" été 2010

En chemin, l’équipage croise aussi des carcasses de coques fendues, échouées dans de tragiques postures. Par endroits, des vestiges d’antiques viaducs, de ponts anéantis par la folie des Hommes. Ces piliers les observent de toute leur sagesse. Ces reliques du passé rappellent à quel point la vie est fragile. A quel point toute gloire est éphémère. La Loire, comme le temps, s’écoule et emporte avec elle le souvenir. Elle suggère qu’il n’est de vraie victoire que dans l’immortalité. La Loire est source d’inspiration et nous distille sa sagesse dans le calme velouté de la nuit. Car pour la dernière étape, l’embarcation navigue sous la seule lueur du scintillement des étoiles et les reflets opalescents de la Lune. Il règne à bord une fièvre joyeuse. Le mystère trouble la surface des éléments. Le flot cristallin d’émeraude se métamorphose en sombre serpent d’écailles visqueuses. Les affres de la nuit enchâssent les cœurs de leurs griffes de doute et d’angoisse, réveillant un monde imaginaire de ténébreux. C’est alors que d’une gorge timide, quelques notes s’envolent en pagaille. Désordonnées, isolées, seules, fragiles ; elles déchirent le voile noir. Comme le cor des héros d’Autrefois, elles sont un cri de détresse autant que de victoire. C’est le rappel des braves, de ceux qui veulent poursuivre la lutte, de ceux qui veulent continuer à espérer. Les notes s’étoffent, se libèrent et s’organisent. Elles sont maintenant un chant clair. Une autre voix s’y accroche. Presque au même instant, une troisième. Finalement c’est tout l’équipage qui vocalise à pleins poumons. La nuit a pris une autre teinte. Elle s’est colorée. La symphonie des cœurs auréole les alentours sinistrés d’or et d’argent. L’embarcation, légère et pétillante, disparaît sous une pluie d’étincelles enchantées. Le rire est devenu roi. On rit à la fierté de l’exploit. On rit pour cet instant fugitif, au milieu de nulle part, perdu dans le vague. Pour ce moment précis et inconnu de l’aventure où, d’un même cœur, les Hommes savent qu’ils partagent ensemble et à part égal un même bonheur.

Raid "Une Autre Jeunesse" été 2010

Demain, nous nous quitterons. Demain, nos regards se croiseront sur le quai d’une gare et nos mains se serreront une dernière fois avant de nous en retourner. La Loire laissera sûrement dans son sillage un peu de vague à l’âme. Nous le savons. L’aventure nous invite à poursuivre. Mais ailleurs, d’autres nous attendent. Et pourtant, sous une pluie inopinée, blottit près du feu qui se meure, nous rions. Nous rions au Présent. Notre rire est celui d’une jeunesse folle et passionnée, qui profite de la vie et se moque de ses soucis. Un profit sans égoïsme, sans mal façon, sans vice. Au bénéfice de tous. Un petit don de soi pour le plus grand bonheur de chacun. Car ne nous y trompons pas, la jeunesse n’est ni un âge présupposé de la vie, ni une attitude, ni une mode, ni rien de temporel et quantitatif. Une et indivisible, débordante, passionnée, sensible et heureuse, elle se donne sans compter. Folle pour certains ? Non ! La jeunesse est vertu. Mieux que ça ! Elle est un idéal. Comme dans les vieilles légendes et les plus fabuleux mythes. Héroïque et immortelle.

Nouveau succès pour le tournoi de foot de l’Autre Jeunesse !

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UNE AUTRE JEUNESSE
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Communiqué du 14 juin 2011

:: Nouveau succès pour le tournoi de foot de l’Autre Jeunesse ! ::

Environ 170 personnes se sont rassemblées en Région Parisienne pour honorer le désormais traditionnel (4ème édition) tournoi de football des militants identitaires parisiens du Projet Apache.

Record d’affluence battu pour un événement qui chaque année prend de l’ampleur : niveau de jeu élevé, ambiance survoltée dans les gradins, buvette prise d’assaut, musique rythmant les matchs…

Une édition à nouveau remportée par les jeunes identitaire lyonnais de Rebeyne!, déjà vainqueurs l’an dernier, venus en masse comme chaque année, et qu’il convient de saluer pour leur mobilisation et leur sportivité sur le terrain. La vaillance des joueurs parisiens (Projet Apache et ses sympathisants), lillois (Insula), normands (Vague Nomande), bretons (Jeune Bretagne), berruyers ou nivernais (sections du Bloc Identitaire) n’aura pas suffi pour stopper des lyonnais supérieurs sur le terrain.

Exceptionnellement – nouvelle preuve du succès croissant de l’événement – une quinzaine de militants siciliens du Projet Cervantes (Catane), venus spécialement pour l’occasion, ont participé au tournoi ! Leur équipe, soutenue par une grande partie du public français, n’a rien lâché et a tenté, sans réussite mais avec fougue, de faire parler la rigueur du jeu italien.

Sous un beau soleil qui a laissé ses traces malgré quelques passages nuageux, le tournoi s’est achevé en fin d’après-midi, suivi d’une soirée sur une péniche à Paris pour les plus courageux, avec un concert du groupe de Catane “Divampa”.

Un excellent groupe qui gagne à être découvert et qui sera, c’est certain, très bientôt réinvité en France !
Bravo à nos amis italiens d’avoir fait de si nombreux kilomètres pour notre événement.

Nous tenons à remercier tous ceux qui, avec de nombreux sacrifices, ont contribué à l’organisation de l’événement et de la soirée qui a suivi.
Merci également à ceux qui sont fidèles et qui font que cet événement est chaque année un succès.

Par leur présence et leurs dons, ils ont contribué à soutenir l’effort et l’énergie des jeunes identitaires qui ne pouvaient pas clore ce tournoi sans un message clair à Laurent Blanc, par qui est venue la lumière, et à la FFF : il n’y a pas besoin de quota si chacun joue chez soi !

Simon (Projet-Apache), pour l’Autre Jeunesse

Le compte-rendu et quelques photos sur le site de Rebeyne!

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UNE AUTRE JEUNESSE
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contact : contact@autre-jeunesse.com
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Randonnée de Rebeyne le dimanche 19 Juin en Savoie

Rebeyne! vous propose une randonnée ce Dimanche 19 Juin, dans le massif alpin savoyard, avec l’ascension du Mont Granier.

Sortie réservée aux militants et sympathisants de Rebeyne!

Les 26 et 27 mars : les jeunes identitaires de l’Autre Jeunesse passent à l’abordage !

Les 26 et 27 mars, les jeunes cadres identitaires du réseau L’Autre Jeunesse se réuniront en région parisienne pour un premier séminaire de formation sur deux jours intégralement consacré au concept de la piraterie politique.

Face au mythe – et aux mythos – du dernier carré, les jeunes identitaires ont toujours affirmé qu’ils entendaient eux se projeter toujours plus avant sur la première ligne de combat. Nous ne voulons pas de ces seuls contre tous qui n’aboutissent nulle part si ce n’est dans des impasses, et qui s’accompagnent trop souvent d’un goût suicidaire pour la posture du pestiféré. Nous refusons d’être enfermés dans des ghettos, et préférons de loin la confrontation au confort chaud des certitudes sectaires. Nous ne sous satisfaisons pas de défendre des acquis devenus squelettiques, pour mieux les regarder disparaître les uns après les autres. Nous ne comptons pas passer 30 ans à compter les points (à notre désavantage) puis à commémorer encore et encore des drames et des défaites.

Antagonistes d’accord, mais protagonistes d’abord !

Si nous devons tenter la chance, au risque qu’elle nous abandonne, et livrer nos vies au divin hasard, cela se déroulera en première ligne et nulle part ailleurs, parce que c’est toujours là que l’aventure vraie se trouve. Nous aimons le combat et nous aimons porter la contradiction au dehors de nos zones libérées. Toujours à l’offensive, nos zones autonomes sont les bases de départ d’assauts aussi intrépides qu’imprévus. Pour nous, pas de citadelles imprenables ! Que cela soit dans le combat politique, culturel, idéologique, nous participons à l’ouverture de nouveaux fronts et bouleversons les rapports de force qui semblaient immuables. Transversalité, originalité, créativité.

Nous voulons l’aventure. Et la lutte politique que nous avons engagée nous apparaît comme la plus belle des aventures possibles pour l’Européen de ce siècle. Lui qui fut capable d’aller découvrir les quatre coins de la planète, et semble désormais condamné au triptyque désolant du carcan boulot-conso-psycho. Pirates politiques nous sommes, pratiquant le militantisme comme un abordage permanent. Cette inclinaison à l’aventure s’accompagne d’un véritable culte voué au panache. Le style c’est l’homme et nous ne pouvons convaincre que par l’exemple, tout comme nous ne respectons que ceux qui vivent comme ils pensent. Ces principes vont bien plus loin qu’une simple « révolution culturelle », ils participent de la réflexion essentielle sur le militantisme menée par les identitaires depuis leur création. C’est par la piraterie sémantique que le mot identitaire fut imposé et consacra l’avènement d’un nouveau courant politique dont les eaux irriguent actuellement une grande partie du champ politique hexagonal. C’est par la piraterie médiatique que des débats de grande ampleur ont été imposés aux médias : des soupes au cochon aux prières de rue musulmanes en passant par les groupes de rap anti-blancs. C’est par la piraterie culturelle que tant « d’identitaires qui s’ignorent » ont su mettre des mots et une réflexion sur leurs pratiques. C’est par la piraterie politique que le débat public, trop longtemps figé dans des postures de principe, s’est relancé sur des thèmes essentiels comme le localisme et la subsidiarité, l’islamisation de l’Europe conséquence d’une immigration devenue folle, la démocratie directe et participative ou la possibilité d’une autre construction européenne.

Aujourd’hui, il nous apparaît important de mettre des mots sur ce que certains pratiquent à la manière de Monsieur Jourdain : sans le savoir. Oui, nous prônons la piraterie politique de grande ampleur et revendiquons le pillage de nombreux vaisseaux ennemis !

Prenant exemple sur Ulysse, premier des Européens et désormais fait premier des pirates, nous espérons bien pouvoir dire un jour à notre tour, à la fin de notre belle et grande aventure :

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Notre génération a tout à vous apprendre

Par Julien Langella

L’un des retournements de l’histoire les plus décisifs est le retournement de l’ordre hiérarchique entre celui qui transmet le savoir et celui qui le reçoit. Le premier, c’est l’Ancien, le père, l’autorictas. Le second, c’est le fils, le jeune, le descendant. Le premier, fort de son expérience accumulée au fil des années, incarne la sagesse et transmet la connaissance au second, pour lequel le monde est une terre vierge, surprenante et potentiellement hostile, alors que l’Ancien, à défaut de connaître chaque motte de terre, maitrise leur composition générale et peut prévenir les embuches. C’est de là qu’il tire sa légitimité de « transmetteur ». Les changements, sociaux, politiques, techniques, sont lents : il a donc la maitrise du monde qui l’entoure, il n’est jamais débordé par le « Progrès » ; plus encore, il en est l’artisan. Aucun risque de se voir déboulonné par l’arrogance juvénile des plus jeunes.

La philosophie des Lumières, en postulant l’existence de l’individu, créature « hors temps » et auto-déterminée antagoniste de la personne enracinée dans une filiation, a posé le premier jalon de ce retournement. L’individu né au 17ème siècle est l’ancêtre du citoyen du monde, enfant de la mondialisation et de l’idéologie anti-raciste du 20ème siècle, métis issu de l’union de la culpabilité blanche (« qui suis-je pour être fier d’où je viens, moi dont les ancêtres ont pillé et opprimé les peuples du monde ? ») et de  l’individualisme le plus nihiliste (qui raille « les imbéciles fiers d’être né quelque part »).

Entre l’individu et le citoyen du monde, le citoyen républicain est le chaînon manquant : à la Révolution, les Lumières guident la main du nouvel Etat républicain qui, confondant d’une part la diversité identitaire de la France, légitimée par des particularismes régionaux profondément enracinés, et d’autre part des inégalités sociales et politiques rendues iniques par le temps, soumet l’hexagone à une tabula rasa complète inspirée par un fanatisme égalitariste d’où, paradoxalement, sortira un nouvel ordre social inspiré, lui, par l’individualisme libéral qui poursuivra l’œuvre de déracinement du jacobinisme. Quoi qu’il en soit, l’Homme nouveau fantasmé par les Robespierre et, plus tard, les Lénine et les Jacques Attali, n’a plus rien à apprendre de ses anciens. Du moins ne le veut-il pas. Comment l’en blâmer ? Lui à qui l’on a désappris qu’il venait de quelque part. Lumières, jacobinisme, nouvel ordre social sous le très bourgeois 19ème siècle, repentance et mondialisation au 20ème siècle : l’alchimie est complète, l’Homme nouveau est un jeune blanc friqué et jointé qui arbore autour du coup un médaillon à l’effigie du continent africain et un t-shirt sur lequel on peut voir un poing se dresser fièrement sur fond tricolore rouge-vert-jaune.

C’est ce jeune-là, incarnation d’une génération perdue, qui prétend tout savoir et déboulonner ses « transmetteurs » : Dieu, père, professeur, policier, etc. C’est le même qui n’a que le mot « révolution » à sa bouche mais qui est tellement peureux et minable qu’il n’en assumerait même pas les implications les plus responsabilisantes (élimination des éléments subversifs, lutte contre les ambitions séditieuses, etc.) Car ce jeune blanc des années 2000, qui peut aussi prendre la forme du petit con UMPéiste androgyne, rejette toute forme de contrainte, si ce n’est qu’il est l’esclave de ses plaisirs, de la drogue, de l’argent et d’émotions ingérables. C’est cet archétype social sur lequel on tire à boulets rouges au nom de la critique du jeunisme et du bougisme. Et avec raison.

Mais la sentence bien venue des Philippe Murray et autre Finkielkraut, « réactionnaires » dans le sens le plus noble du terme (celui qui réagit à la barbarie hypocrite du monde moderne quand tout le monde dort), ne doit pas occulter le fait que cette génération si méprisable a bien, finalement, quelque chose à transmettre à ses « anciens ». Car ce sont bien les 15-25 ans du troisième millénaire naissant qui prennent en pleine gueule toutes les tares de notre époque : immigration sauvage et violences concomitantes (rackets, agressions, tournantes, etc.), pédagogisme libertaire dévastateur (les dictées, c’est « fasciste » ; être incapable d’écrire une lettre de motivation à 20 ans, c’est « progressiste »), islamisation conquérante (un « boloss » qui  mange un gâteau au nez et à la barbe de son camarade de classe qui pratique le ramadan mérite bien une ratonnade), rouleau-compresseur libéral (25% de chômage pour notre classe d’âge), amnésie identitaire (nos baby-boomers de parents n’ayant pas jugé utile de nous transmettre une culture), etc.

Alors oui, notre génération ne manque pas d’arrogance. J’en conviens. Mais elle a au moins l’excuse d’assumer tout ce que celle de nos parents s’est payé le luxe d’éviter : vos errances passées sont notre calvaire présent et futur. Et en plus de cela, nous payons vos voyages à Marrakech quand vient pour vous l’âge de la retraite. Etourdis par les délires maoïstes de vos années étudiantes ou par l’impératif de « faire carrière », qui vous a fait privilégier une éducation tantôt progressiste, tantôt matérialiste, en tout cas jamais spirituelle, ou du moins négligeant de transmettre à vos enfants les rites de sociabilité les plus nécessaires à la formation de l’esprit et de leur personnalité (scoutisme, colonie de vacances, clubs de sport, éducation musicale, traditions régionales, …), vous vous étonnez ensuite de voir le boomerang vous revenir en plein visage au moment de l’adolescence : contrairement à des poncifs éculés, c’est le parent faible et hésitant, allergique à l’idée d’ « imposer » quoi que ce soit à ses rejetons, qui subit les révoltes pubères les plus violentes.

Aujourd’hui, ce sont les baby-boomers et les 68ards qui nous donnent des leçons de modération : « pense à tes études », « ta politique va te fermer toutes les portes », « ça te passera ! », « tu perds ton temps », … Ces gens-là, qui ont fait la fête pendant quarante ans, non contents de nous faire nettoyer leur merde, nous donnent en plus les leçons que les collabos, par passivité complice avec l’occupant, donnaient aux jeunes tentés par la Résistance pendant la guerre : « fais toi petit, travaille dans ton coin, ne te fais pas remarquer ». D’une époque à une autre : les mêmes injonctions paternalisantes et stérilisatrices de toute noblesse d’âme, les mêmes récriminations petite-bourgeoises à l’encontre des vertus les plus aristocratiques du cœur. En somme, notre génération, et en particulier la partie de celle-ci active dans un combat politique réellement engageant (on ne « milite » pas au PS ou à l’UMP, on « réseaute » et on bat des ailes dans un petit carré mondain), a plus de points communs avec celle de nos grands-parents qu’avec celle de leurs enfants.

Bien entendu, ce schéma est celui d’un ensemble, dessiné dans l’abstraction des cas particuliers, car il y en a bien qui n’ont pas manqué de transmettre quelque chose à leur descendance. Mais pris dans sa globalité, la génération des parents de ceux qui ont entre 15 et 25 ans aujourd’hui, voire 30 ans, ne peuvent se lamenter du reflux des traditions, ayant eux-même saboté leur transmission, abandonné le rôle historique qui était le leur, celui d’assurer une continuité identitaire. Mais qu’ils se rassurent : les sondages les plus récents attestent que, dans sa majorité, la jeunesse actuelle souhaite revenir aux fondamentaux (autorité et transmission) dans l’éducation de leurs enfants déjà nés ou à naître.

En fin de compte, notre génération a paradoxalement plus de sagesse que celle de ses parents car elle a simultanément l’expérience théorique de leurs lubbies les plus diverses – nous aussi, nous savons nous droguer, manifester pour sécher les cours et coller un autocollant « touche pas à mon pote » sur un cartable – et l’expérience pratique des impasses auxquelles ces délires ont mené le pays – fabrication en chaîne de légumes sans volonté propre, société multiculturelle et multiraciste, etc. Nous avons à la fois le plan et sa réalisation sous les yeux. C’est donc à notre génération d’éclairer nos gouvernants, qui ont pour la plupart l’âge d’être nos parents, sur les fossés dans lesquels ils nous entrainent. Et, le cas échéant, de les jeter à la poubelle de l’histoire, eux et leurs idéologies périmées, pour les remplacer.

Alors, plus de leçons de morale débilitantes et d’accolades familières sur l’épaule : c’est à vous d’entendre la voix des petits Blancs énervés, ceux qui font aujourd’hui les frais de votre incurie passée et présente, ceux qui vivent au quotidien la concrétisation pratique de vos fantasmes juvéniles. Vous ne nous avez rien transmis ? Tant pis, nous prendrons ! Comme des pirates sans vergogne. Nous renouerons la chaîne de l’identité rompue avec vous, nous apprendrons la lengo nostro à nos enfants, nous leur apprendrons qu’ils sont nés dans un terroir, dans une province qui a une histoire et des traditions : nous leur transmettrons ce que, nous autres, avons dû patiemment compiler par nous même. La chaîne de l’identité n’est jamais définitivement brisée : il suffit qu’un maillon se réveille pour reconstituer le lien entre passé, présent et futur. Il suffit d’une prise de conscience, d’une seule. Celle-ci doit être radicale et complète, elle ne se fait pas par dessus la jambe : ce n’est pas un assaisonnement de « folklore » pour rendre plus digeste la soupe de la modernité, c’est une entrée en religion. Nous vivons une époque dure : il faut des hommes et des idées qui le soient tout autant.

La jeunesse au pouvoir ! Hic et nunc.