La vie est un combat

Dixième voyage de Solidarité-Kosovo

Solidarité-Kosovo

L’autre jeunesse s’est mobilisée pour les Serbes du Kosovo

Le Projet Apache tient à féliciter l’association Solidarité Kosovo et ses 9 bénévoles, pour la réussite de son 10ème voyage humanitaire ayant eu lieu du 26 décembre 2009 au 3 janvier 2010. Puisque la solidarité est plus forte qu’un mot, que la jeunesse l’incarne. Dans cette logique, les jeunes identitaires d’Ile de France ont ainsi réalisé deux opérations de soutien aux serbes du Kosovo, dans le cadre de la campagne « Une Autre Jeunesse ». Tout d’abord une récolte de jouets neufs, parmi lesquels un lot de ballons de football aux couleurs du club professionnel parisien, faisant intervenir militants et sympathisants. Puis un stand de sensibilisation à la situation des serbes du Kosovo installé samedi 12 décembre après-midi au cœur du marché de Noel de St Germain des Prés, à destination des passants. Des plaquettes de présentation de l’association, ainsi que les vidéos des précédents voyages ont ainsi été diffusées.

A Paris comme à Mitrovica, Kosovo Je Srbija !



Et de dix!

Tôt dimanche matin, les neuf bénévoles du dixième convoi humanitaire de Solidarité Kosovo ont pu regagner leurs foyers après une semaine bien remplie.

Arrivés le 28 Décembre à Kosovska Mitrovica après deux jours sur les routes (voir communiqué du 29/12/2009), nous avons pu procéder à la distribution de près de 60m3 de matériels scolaires, vêtements, jeux d’enfants, et friandises.
Les dons, collectés et acheminés grâce à votre générosité, ont été remis soit directement aux familles serbes nécessiteuses, soit à des responsables communaux et associatifs locaux.

Autres relais sociaux irremplaçables depuis le désengagement forcés de l’Etat serbe, des monastères orthodoxes ont également reçu du matériel, afin de le redistribuer selon les besoins.
Fait inédit cette année, nous avons pu remettre une cinquantaine d’ordinateurs de bureau, reformatés en langue serbe, et ce grâce au bon sens d’une structure qui renouvelait son parc informatique.

Au final, du village campagnard retiré aux quartiers séparés de la ville par une rangée de maisons brûlées, en passant par le bidonville de réfugiés, nous avons pu soutenir matériellement un millier de familles. Mais plus encore, c’est un soutien humain et un message d’espoir que nous avons tenté de transmettre: malgré les prises de positions de l’Etat français, il reste des citoyens d’Europe qui veulent aider les Serbes du Kosovo et de la Métochie à construire un avenir meilleur, en paix sur leur terre.

Bénévoles, entreprises, paroisses, particuliers, que tous les donateurs soient ici remerciés pour leur contribution* au succès de cette dixième Mission humanitaire de Solidarité Kosovo.

Retrouvez bientôt notre compte-rendu, nos photos et nos vidéos !

L’équipe de Solidarité-Kosovo


Arnaud Gouillon au micro de Novopress

Témoignage de Bertrand de Lyon

Bonjour je m’appelle Bertrand, je vais avoir 48 ans dans quelques jours et si l’on regarde de plus près mon parcours dès l’âge de 15 ans, je suis un heureux rescapé car en bonne santé. J’ai grandi chez mes grand-parents, tous deux ouvriers qui ont fait de nombreux sacrifices pour que j’aie la meilleure éducation possible.

J’ai passé six ans dans un collège catholique où j’ai reçu une bonne éducation ; mais en milieu d’année de mon redoublement de la classe de troisième j’ai fait de nouvelles rencontres. Nouveaux amis avec lesquels j’ai fumé mes premiers joints ; tout s’est alors enchaîné. D’abord j’ai arrêté d’aller en cours pour passer plus de temps avec mes potes, et bien sûr fumer du shit. Cette vie a duré quasiment un an pendant lequel mes grand-parents ont tout fait pour me remettre sur le droit chemin, mais sans résultat.

Puis un soir, pendant une fumette un gars est arrivé avec de la morphine base en nous disant que c’était très bon et que d’essayer ne nous ferait pas plus de mal que ça. En effet une seule fois ne fait pas de mal mais encore faut-il ne pas recommencer ; ce qui ne fût pas mon cas ni celui de mes amis d’ailleurs.

Et voilà comment du hash nous étions passés aux shoots de poudre agrémentés de quelques cuites. Quelques mois plus tard je finissais par goûter le LSD, une drogue hallucinogène très dure pour le cerveau. Mais je me rends compte aujourd’hui que heureusement ça n’a duré que très peu de temps. En effet, chaque prise bouffant énormément de neurones je n’en serais pas ressorti aussi bien.

Évidemment vous voyez d’ici la loque que je devais être ; et bien non car une nouvelle fois la chance me venait en aide si je puis dire. A part le hash que je fumais tous les jours, la poudre très chère m’obligeait à faire des breaks après les prises journalières que j’avais pu me payer. Cela pouvait pourtant durer jusqu’à trois semaines de prise. Je n’amplifiais donc pas malgré moi mon niveau de dépendance. De plus, bien que je ne l’écoutais pas vraiment, ma famille m’apportait un soutien psychologique.

Bien sûr je n’avais pas mis toutes les chances de mon côté pour mon avenir. Quand on se drogue la vie défile, passe si vite, trop vite pour anticiper et voir plus loin. Et le pire, c’est qu’on ne s’en rend pas compte, la vie étant vue dans l’immédiat, dans l’achat d’une nouvelle dose.

A mes 25 ans la vie m’a donné l’occasion de me reprendre. J’ai trouvé un travail qui me plaisait, ce n’était bien sûr que le début. J’ai manqué quand même pas mal de fois le travail car mes démons me collaient à la peau (moins de poudre compensée par plus de shit et d’alcool). Ceci jusqu’à l’âge de 33 ans où j’ai pris mes dernières doses de poudre. Une fois encore car je n’étais pécuniairement pas en mesure de me les fournir. Je dois dire que cela s’est fait sans relativement trop de problèmes ; relativement donc car on ne peut pas dire que c’est facile. Je dirais tout simplement que j’ai réussi à arrêter. Par contre je me suis rabattu sur la boisson et la fumette pour compenser. Plusieurs bonnes cuites par semaine. De plus ces cuites me rendant agressif et bagarreur, j’ai par la même occasion pu  » visiter  » un bon nombre des commissariats lyonnais.

La vie passait, et à 35 ans je commençais à me poser des questions sur l’avenir, car depuis le début de celle-ci j’avais déjà vu disparaître des connaissances mortes par overdose mais aussi à cause du sida. Je voyais également les ravages de l’alcool en observant mes voisins de comptoir. La visite chez mon toubib a été une étincelle. Il m’expliqua clairement que vu mon état de santé qui se dégradait je n’avais qu’un choix qui était celui d’arrêter si je voulais un jour connaître et profiter de ma retraite.

Du jour au lendemain j’ai réussi à stopper l’alcool. C’était un nouveau pas après la poudre. Neuf ans durant, j’ai encore fumé une dizaine de joints par jour ; une petite fortune. J’étais toujours et encore dans le cirage en définitif malgré le mieux comparé à il y a quelques années.

Il y a quatre ans, je me suis retrouvé au chômage, une première. A ce moment là, j’avais 44 ans, je ne sais par quel déclic je décide du jour au lendemain de me prendre en main, d’arrêter le hash, et de me prouver que je pouvais retrouver du travail.

Comme pour l’alcool, du jour au lendemain fini.

Les trois premières semaines furent extrêmement difficiles, surtout psychologiquement (sommeil agité nerfs à fleur de peau etc.). Puis petit à petit tout cela s’est calmé et j’ai redécouvert ce qu’était finalement la VRAIE vie, celle sans ces produits qui ne donnent que l’illusion du bien-être en rompant avec toute réalité ; et qui vous enferment dans une prison dans laquelle volonté et force de caractère sont les seules solutions pour s’en sortir.

Il y a maintenant douze ans que je suis abstinent d’alcool mais surtout quatre ans que je ne prends plus aucune sorte de drogue, et j’ai maintenant l’impression de renaître même si j’en garde quelques séquelles sans grande gravité au niveau de la mémoire et du fait que je ne trouve pas toujours mes mots de suite.

Enfin voilà ce que je peux vous dire sur ce qu’est la drogue mais aussi l’alcool que je considère comme une drogue dure ; et j’espère que ce récit encouragera les jeunes gens qui le liront et qu’ils auront le cran de refuser ce genre de produit si un jour ils y sont confrontés. Sachez qu’il vaut mieux passer pour « le blaireau  » aux yeux de ceux qui vous proposent et vous tendent ce genre de pièges. Il suffit parfois d’un simple NON pour ne pas gâcher sa vie.

Encore faut-il le dire le moment venu.