Menace sur l’Europe ? Chance pour l’Europe !

Ce n’est pas que je souhaite une pareille évolution, je souhaite plutôt le contraire, une telle aggravation de la menace russe qu’elle contraigne enfin l’Europe à devenir tout aussi menaçante, à se forger sa propre volonté, par le moyen d’une nouvelle caste régnant sur l’Europe, une volonté redoutable et à longue portée, capable de se fixer des buts pour des millénaires. Ainsi l’Europe en finirait une bonne fois pour toutes avec la comédie trop prolongée de sa division en petits Etats et de ses velléités divergentes, dynastiques* ou démocratiques. Le temps de la petite politique est passé : le siècle prochain déjà apportera la lutte pour la domination universelle – l’obligation d’une grande politique.
Friedrich Nietzsche, Par delà bien et mal
Nietzsche écrit à une époque où l’antagonisme russo-européen, militaire et politique, est une réalité. Remplacez “menace russe” par “menace islamique” et son propos peut s’appliquer aux années 2000. Il est même d’une actualité brûlante si l’on songe au défi que représente le contact brutal avec l’islam et l’immigration africaine. C’est souvent dans la confrontation avec l’Autre que l’on prend conscience de son identité et de la communauté de destin qui nous unit à nos voisins pour, par delà les cicatrices héritées des conflits fratricides d’hier, dresser les barricades de nos libertés. A l’Autre jeunesse d’incarner cette aristocratie militante pour relever le défi d’une grande politique européenne ! Car nous sommes cette jeunesse qui choisit les Thermopyles plutôt que l’avachissement et le renoncement (lire le Manifeste pour une autre jeunesse).
* Nietzsche écrit cela en 1886 : une époque où subsistent des monarchies puissantes sur le Vieux continent.





























