Vent de folie sur Vancouver, ou quand l’Amérique du Nord pète un boulon!

Par Simon Charles

L’équipe de hockey-sur-glace de Boston jubile, elle vient de remporter la finale de la “Coupe Stanley”.

Elle s’est imposée à Vancouver au Canada, ville nord-américaine typique, soi-disant réputée pour son calme et souvent citée dans les classements des “villes où il fait bon vivre”.
Vainqueurs de l’équipe locale, les joueurs de Boston reçoivent le trophée… c’est à ce moment qu’éclatent les incidents dehors.

Voitures brûlées et renversées, feux de poubelles, affrontements avec la Police, magasins pillées, vitrines cassées, agressions isolées… tout y passe : pendant plusieurs heures, le centre de Vancouver est le théâtre d’incidents d’une violence rare, la situation est incontrôlable et le calme n’est rétabli qu’après plusieurs heures de chaos. Au loin, la fumée s’élève par delà les gratte-ciel, la mégalopole moderne s’endort tel le fou bourré de calmant après sa crise d’hystérie. Il est évident que la déception inhérente à la défaite des “Canucks” de Vancouver ne saurait expliquer un tel déferlement : mais que s’est-il passé en Amérique ce soir là ?

Au delà de la gravité évidente des faits et de la violence extrême des images, ce qui frappe est l’attitude des jeunes gens. Tirages de langue, yeux injectés de sang, comportements exubérants, simulations d’actes sexuels, tabassages frénétiques, poses “facebookiennes” à visages découverts au milieu des caméras de surveillance (ou de TV), smartphones et autres appareils-photos… on a eu plus l’impression d’assister à une sorte de “débauche moderne” qu’aux “actes de hooliganisme” benoîtement décrits par nos brillants mass-média. Les “hooligans” constituent d’ailleurs un phénomène codifié et marginal de bandes européennes, bien différents de ce chaos massif et généralisé, ayant mélangé jeunes hommes et femmes… Il s’agit donc d’une manifestation sociétale bien plus grave, ce que tairont les média, évidemment.

La violence n’était ici pas ritualisée, elle n’était pas le fait d’une minorité agissante et consciente, cagoulée ou masquée, mais bel et bien le fait de milliers de jeunes qui semblent avoir perdu la raison au même moment. La masse s’est totalement retrouvée dans ce pétage de plomb collectif. En outre, ces jeunes gens fans de hockey-sur-glace, majoritairement blancs (il est autorisé de préciser l’origine des délinquants outre-Atlantique), même si leur démence soudaine a entraîné quelques marginaux, ne sont pas issus de milieux défavorisés. Si bien qu’il est inutile d’invoquer l’excuse socialo-raciale fort usitée en France.

C’est en réalité la maladie d’un système qui s’est exprimée dans cette pagaille générale, un peu comme un bubon éclate sur le corps d’un pestiféré. Car cette violence ne manifeste en aucun cas un rejet du système, mais plutôt une sorte de “surdose”, de trop-plein ou de gavage. On voit à l’image des enfants gâtés et surtout gavés, de drogue (douce ?) et d’alcool, d’hypocrisie puritaine, d’images de violence (qu’ils ont mimées), de jeux vidéos, de films violents, de virtualité et d’internet (en témoignent les nombreux casseurs d’un soir posant pour la photo ou la vidéo), de frénésie consumériste (pillages etc.). Bref, en ces jeunes gens l’on ne saurait voir des “opposants organisés” du système, comme le sont les hooligans ou les pseudo-altermondialistes vêtus de noir, mais plutôt des rejetons damnés. Les enfants trop nourris sont devenus incontrôlables l’espace d’un soir. Ivres de biens de consommation, ils ont violemment vomi le trop-plein, secoués par d’atroces spasmes.

Il y a eu ce soir là une perte totale de contact avec la réalité. Et ce genre de manifestation ultra-violente n’est pas sans faire penser aux descentes à l’arme de guerre de quelque taré dans un collège ou un lycée, qui vient se taper un carton comme si de rien n’était, et qui affirme ensuite qu’il n’était pas lui-même. Non, il n’était pas lui-même. Qui était-il ? Duke Nukem ? Et les autres élèves étaient des extra-terrestres ? Les jeunes de Vancouver n’étaient pas eux-mêmes non plus : peut-être se sont-ils cru dans GTA l’espace d’un instant ? On attend qu’elles arrivent en France, ces scènes d’hystérie, ce qui ne saurait tarder. A quelle occasion ? A l’annonce de la fermeture imprévue d’un centre commercial en Région Parisienne ? On peut aussi faire le parallèle avec les “springbreak” de Cancun au Mexique, période de vacances scolaires aux Etats-Unis pendant lesquelles les étudiants américains viennent impunément se livrer à un torrent d’insanités, de vulgarité et de violence en terre étrangère.

Les esprits éclairés que nous sommes ne peuvent que déplorer les effets pervers de cette modernité occidentale sur les jeunes générations. Une modernité que beaucoup voient encore comme l’aboutissement de la civilisation, et au nom de laquelle des guerres, hélas soutenues par la France sarkozyenne, sont aujourd’hui injustement menées partout dans le monde. Est-ce cela la modernité ? Est-ce cela le “Progrès” ? Qu’ils les gardent, chez eux ! Face à cet état de fait, l’Autre Jeunesse est fière d’être identitaire, de garder un esprit sain dans un corps sain, de rester éveillée et éveilleuse. Elle restera toujours plus solidaire d’un paysan afghan que d’un bouseux citadin nord-américain qui casse une vitrine en hurlant comme un cow-boy, comme dans un jeu vidéo. Go home!

Les photos

« Le premier droit fondamental est de posséder une identité »

Les civilisations sont à l’image des territoires vivants dans lesquels elles plongent leurs racines : diverses. Cette diversité culturelle est menacée comme la diversité biologique, parce que certaines civilisations, convaincues de leur supériorité, prétendent occuper tout l’espace en déclarant leurs valeurs universelles. (…) L‘attachement à une communauté, identifiée par son parler, ses traditions, ses savoir-faire, son histoire, l’amour d’un territoire qui exprime, par ses paysages, l’âme de cette communauté, est une dimension fondamentale de la personne humaine. Le déracinement est un drame, une source de déstabilisation psychologique et de difficultés existentielles. Le premier droit fondamental de la personne est de posséder une ientitité et celle-ci se confond avec celle du groupe humain quel on appartient.

Antoine Waechter, Dessine-moi une planète, p.161.

“Aller plus vite, par n’importe quel moyen”

Entre le Français du XVIIe et un Athénien de l’époque de Périclès [Ve av. JC], ou un romain du temps d’Auguste [Ie av. JC, Ie ap. JC], il y a mille traits communs, au lieu que la Machinerie nous prépare un type d’homme… Mais à quoi bon vous dire quel type d’hommes elle prépare. Imbéciles ! n’êtes-vous pas les fils ou les petits-fils d’autres imbéciles qui, au temps de ma jeunesse, face à ce colossal Bazar que fut la prétendue Exposition Universelle de 1900, s’attendrissaient sur la noble émulation des concurrences commerciales, sur les luttes pacifiques de l’Industrie ? A quoi bon, puisque l’expérience de 1914 ne vous a pas suffi ? Celle de 1940 ne vous servira d’ailleurs pas davantage. Trente, soixante, cent millions de morts ne vous détourneraient pas de votre idée fixe : “aller plus vite, par n’importe quel moyen”.

Aller vite ? Mais aller où ? Comme cela vous importe peu, imbéciles ! Dans le moment même où vous lisez ces deux mots : “aller vite”, j’ai beau vous traiter d’imbéciles, vous ne me suivez plus. Déjà votre regard vacille, prend l’expression vague et têtue de l’enfant vicieux pressé de retourner à sa rêverie solitaire… “Le café au lait à Paris, l’apéritif à Chandernagor et le dîner à San Francisco, vous vous rendez compte !”* Oh, dans la prochaine inévitable guerre, les tanks lance-flammes pourront cracher leur jet à deux mille mètres au lieu de cinquante, le visage de vos fils bouillir instantanément et leurs yeux sauter hors de l’orbite, chiens que vous êtes ! La paix venue, vous recommencerez à vous féliciter du progrès mécanique. “Paris-Marseille en un quart d’heure, c’est formidable !” Car vos fils et vos filles peuvent crever : le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l’éclair. Hélas ! C’est vous que vous fuyez, vous-mêmes – chacun de vous se fuit soi-même, comme s’il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa gaine de peau…

On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre tout espèce de vie intérieure. Hélas ! La liberté n’est pourtant qu’en vous, imbéciles !

Georges Bernanos, La France contre les robots (1944)

* Aujourd’hui, nous dirions “le brunch à Londres, le champagne rosé sur un yacht au large de Malte, la vodka pomme en boite de nuit à Ibiza”

La dignité japonaise et le réveil de l’homme européen

Par Julien Langella

Au royaume de la fleur et de l’acier, les rivières de feu ont tout emporté… Ou presque. Comme hier l’Occident sous la conduite américaine, au sortir de la Second Guerre mondiale, la vague meurtrière du tsunami n’a pas entamé l’âme des Japonais, fils des Bushi, moines de la voie de l’épée dont les vertus irriguent encore la nation du Soleil écarlate. “Parties sur quelle mer, quelle terre / je l’ignore. / Elles demeurent invisibles, / les nobles âmes / gardiennes du pays” (poême de l’impératrice Michiko). L’âme du peuple japonais, elle, est éternelle : elle demeure plus que jamais visible au milieu du chaos. Elle nous rappelle, à tous les égards, l’âme européenne. Pour un Européen, la conduite actuelle des Japonais n’est pas si mystérieuse et impénétrable que les journalistes et les faiseurs d’opinion veulent bien le dire. Et pour cause : leurs anticorps sont aussi les nôtres…

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Notre génération a tout à vous apprendre

Par Julien Langella

L’un des retournements de l’histoire les plus décisifs est le retournement de l’ordre hiérarchique entre celui qui transmet le savoir et celui qui le reçoit. Le premier, c’est l’Ancien, le père, l’autorictas. Le second, c’est le fils, le jeune, le descendant. Le premier, fort de son expérience accumulée au fil des années, incarne la sagesse et transmet la connaissance au second, pour lequel le monde est une terre vierge, surprenante et potentiellement hostile, alors que l’Ancien, à défaut de connaître chaque motte de terre, maitrise leur composition générale et peut prévenir les embuches. C’est de là qu’il tire sa légitimité de « transmetteur ». Les changements, sociaux, politiques, techniques, sont lents : il a donc la maitrise du monde qui l’entoure, il n’est jamais débordé par le « Progrès » ; plus encore, il en est l’artisan. Aucun risque de se voir déboulonné par l’arrogance juvénile des plus jeunes.

La philosophie des Lumières, en postulant l’existence de l’individu, créature « hors temps » et auto-déterminée antagoniste de la personne enracinée dans une filiation, a posé le premier jalon de ce retournement. L’individu né au 17ème siècle est l’ancêtre du citoyen du monde, enfant de la mondialisation et de l’idéologie anti-raciste du 20ème siècle, métis issu de l’union de la culpabilité blanche (« qui suis-je pour être fier d’où je viens, moi dont les ancêtres ont pillé et opprimé les peuples du monde ? ») et de  l’individualisme le plus nihiliste (qui raille « les imbéciles fiers d’être né quelque part »).

Entre l’individu et le citoyen du monde, le citoyen républicain est le chaînon manquant : à la Révolution, les Lumières guident la main du nouvel Etat républicain qui, confondant d’une part la diversité identitaire de la France, légitimée par des particularismes régionaux profondément enracinés, et d’autre part des inégalités sociales et politiques rendues iniques par le temps, soumet l’hexagone à une tabula rasa complète inspirée par un fanatisme égalitariste d’où, paradoxalement, sortira un nouvel ordre social inspiré, lui, par l’individualisme libéral qui poursuivra l’œuvre de déracinement du jacobinisme. Quoi qu’il en soit, l’Homme nouveau fantasmé par les Robespierre et, plus tard, les Lénine et les Jacques Attali, n’a plus rien à apprendre de ses anciens. Du moins ne le veut-il pas. Comment l’en blâmer ? Lui à qui l’on a désappris qu’il venait de quelque part. Lumières, jacobinisme, nouvel ordre social sous le très bourgeois 19ème siècle, repentance et mondialisation au 20ème siècle : l’alchimie est complète, l’Homme nouveau est un jeune blanc friqué et jointé qui arbore autour du coup un médaillon à l’effigie du continent africain et un t-shirt sur lequel on peut voir un poing se dresser fièrement sur fond tricolore rouge-vert-jaune.

C’est ce jeune-là, incarnation d’une génération perdue, qui prétend tout savoir et déboulonner ses « transmetteurs » : Dieu, père, professeur, policier, etc. C’est le même qui n’a que le mot « révolution » à sa bouche mais qui est tellement peureux et minable qu’il n’en assumerait même pas les implications les plus responsabilisantes (élimination des éléments subversifs, lutte contre les ambitions séditieuses, etc.) Car ce jeune blanc des années 2000, qui peut aussi prendre la forme du petit con UMPéiste androgyne, rejette toute forme de contrainte, si ce n’est qu’il est l’esclave de ses plaisirs, de la drogue, de l’argent et d’émotions ingérables. C’est cet archétype social sur lequel on tire à boulets rouges au nom de la critique du jeunisme et du bougisme. Et avec raison.

Mais la sentence bien venue des Philippe Murray et autre Finkielkraut, « réactionnaires » dans le sens le plus noble du terme (celui qui réagit à la barbarie hypocrite du monde moderne quand tout le monde dort), ne doit pas occulter le fait que cette génération si méprisable a bien, finalement, quelque chose à transmettre à ses « anciens ». Car ce sont bien les 15-25 ans du troisième millénaire naissant qui prennent en pleine gueule toutes les tares de notre époque : immigration sauvage et violences concomitantes (rackets, agressions, tournantes, etc.), pédagogisme libertaire dévastateur (les dictées, c’est « fasciste » ; être incapable d’écrire une lettre de motivation à 20 ans, c’est « progressiste »), islamisation conquérante (un « boloss » qui  mange un gâteau au nez et à la barbe de son camarade de classe qui pratique le ramadan mérite bien une ratonnade), rouleau-compresseur libéral (25% de chômage pour notre classe d’âge), amnésie identitaire (nos baby-boomers de parents n’ayant pas jugé utile de nous transmettre une culture), etc.

Alors oui, notre génération ne manque pas d’arrogance. J’en conviens. Mais elle a au moins l’excuse d’assumer tout ce que celle de nos parents s’est payé le luxe d’éviter : vos errances passées sont notre calvaire présent et futur. Et en plus de cela, nous payons vos voyages à Marrakech quand vient pour vous l’âge de la retraite. Etourdis par les délires maoïstes de vos années étudiantes ou par l’impératif de « faire carrière », qui vous a fait privilégier une éducation tantôt progressiste, tantôt matérialiste, en tout cas jamais spirituelle, ou du moins négligeant de transmettre à vos enfants les rites de sociabilité les plus nécessaires à la formation de l’esprit et de leur personnalité (scoutisme, colonie de vacances, clubs de sport, éducation musicale, traditions régionales, …), vous vous étonnez ensuite de voir le boomerang vous revenir en plein visage au moment de l’adolescence : contrairement à des poncifs éculés, c’est le parent faible et hésitant, allergique à l’idée d’ « imposer » quoi que ce soit à ses rejetons, qui subit les révoltes pubères les plus violentes.

Aujourd’hui, ce sont les baby-boomers et les 68ards qui nous donnent des leçons de modération : « pense à tes études », « ta politique va te fermer toutes les portes », « ça te passera ! », « tu perds ton temps », … Ces gens-là, qui ont fait la fête pendant quarante ans, non contents de nous faire nettoyer leur merde, nous donnent en plus les leçons que les collabos, par passivité complice avec l’occupant, donnaient aux jeunes tentés par la Résistance pendant la guerre : « fais toi petit, travaille dans ton coin, ne te fais pas remarquer ». D’une époque à une autre : les mêmes injonctions paternalisantes et stérilisatrices de toute noblesse d’âme, les mêmes récriminations petite-bourgeoises à l’encontre des vertus les plus aristocratiques du cœur. En somme, notre génération, et en particulier la partie de celle-ci active dans un combat politique réellement engageant (on ne « milite » pas au PS ou à l’UMP, on « réseaute » et on bat des ailes dans un petit carré mondain), a plus de points communs avec celle de nos grands-parents qu’avec celle de leurs enfants.

Bien entendu, ce schéma est celui d’un ensemble, dessiné dans l’abstraction des cas particuliers, car il y en a bien qui n’ont pas manqué de transmettre quelque chose à leur descendance. Mais pris dans sa globalité, la génération des parents de ceux qui ont entre 15 et 25 ans aujourd’hui, voire 30 ans, ne peuvent se lamenter du reflux des traditions, ayant eux-même saboté leur transmission, abandonné le rôle historique qui était le leur, celui d’assurer une continuité identitaire. Mais qu’ils se rassurent : les sondages les plus récents attestent que, dans sa majorité, la jeunesse actuelle souhaite revenir aux fondamentaux (autorité et transmission) dans l’éducation de leurs enfants déjà nés ou à naître.

En fin de compte, notre génération a paradoxalement plus de sagesse que celle de ses parents car elle a simultanément l’expérience théorique de leurs lubbies les plus diverses – nous aussi, nous savons nous droguer, manifester pour sécher les cours et coller un autocollant « touche pas à mon pote » sur un cartable – et l’expérience pratique des impasses auxquelles ces délires ont mené le pays – fabrication en chaîne de légumes sans volonté propre, société multiculturelle et multiraciste, etc. Nous avons à la fois le plan et sa réalisation sous les yeux. C’est donc à notre génération d’éclairer nos gouvernants, qui ont pour la plupart l’âge d’être nos parents, sur les fossés dans lesquels ils nous entrainent. Et, le cas échéant, de les jeter à la poubelle de l’histoire, eux et leurs idéologies périmées, pour les remplacer.

Alors, plus de leçons de morale débilitantes et d’accolades familières sur l’épaule : c’est à vous d’entendre la voix des petits Blancs énervés, ceux qui font aujourd’hui les frais de votre incurie passée et présente, ceux qui vivent au quotidien la concrétisation pratique de vos fantasmes juvéniles. Vous ne nous avez rien transmis ? Tant pis, nous prendrons ! Comme des pirates sans vergogne. Nous renouerons la chaîne de l’identité rompue avec vous, nous apprendrons la lengo nostro à nos enfants, nous leur apprendrons qu’ils sont nés dans un terroir, dans une province qui a une histoire et des traditions : nous leur transmettrons ce que, nous autres, avons dû patiemment compiler par nous même. La chaîne de l’identité n’est jamais définitivement brisée : il suffit qu’un maillon se réveille pour reconstituer le lien entre passé, présent et futur. Il suffit d’une prise de conscience, d’une seule. Celle-ci doit être radicale et complète, elle ne se fait pas par dessus la jambe : ce n’est pas un assaisonnement de « folklore » pour rendre plus digeste la soupe de la modernité, c’est une entrée en religion. Nous vivons une époque dure : il faut des hommes et des idées qui le soient tout autant.

La jeunesse au pouvoir ! Hic et nunc.