« Nie wieder Krieg! »

Lettrage tremblant, couleur pâlotte. Mais c’est inscrit à jamais sur ce mur de cette petite ville pourrie de Westphalie. « Plus jamais la guerre ! ». C’est écrit.
Je sortais juste fumer une cigarette. Temps de chien, rue déserte, seul le bruit lointain d’un scooter excite mon ouïe. Personne n’a voulu m’accompagner.
Je reste interloqué par ce graffiti. Un peu perplexe, je retourne à la soirée.
La musique est assourdissante, oppressante et sans saveur. Mais les jeunes dansent. Ils sautent, les corps se désarticulent, les bras s’enlacent. Je n’arrive pas à reconnaître les personnes, les lumières m’aveuglent. C’est une armée de corps qui dansent. Étrange.
Un mec complètement ivre vient me parler. Il raconte qu’il est grave dans la merde, sa copine vient de s’apercevoir qu’il l’a trompée. « Pourtant j’étais discret, mais rien à faire! Toutes des salopes les meufs ». Ouais c’est ça, va t’en. Pénible.
Comme le gars continue à bavasser, je file me chercher un truc à boire. On me propose plusieurs liquides aux couleurs douteuses, des boissons énergisantes ou des sodas sans goût. Bordel, j’aurais juste voulu une bière locale !
Je regarde la salle bouger. Dans un coin, deux jeunes filles s’embrassent. Près d’une table, un groupe rigole fort, très fort. On dirait qu’ils se forcent.
« Tu veux des trucs ? Eh, tu veux quelque chose ? ». Je ne l’avais pas vu lui. Jean slim, tee-shirt brillant, coiffure scintillante. Pas l’air idiot. « Oh, je te parle ! Tu veux un cachet ? Ou trois pour le prix de deux ?». J’mange pas de ce pain moi. Non merci. Qu’il aille voir ailleurs.
« Qu’est ce qu’il y a, ça te plait pas? ». Il est collant, et le ton change. Il se rapproche en faisant signe à deux de ses sbires de venir. Il n’est pas content, olala, pas content.
Je peux désormais sentir son haleine. T’es trop proche mon gars, laisse-moi. Mails il ne veut pas. Rien y fait, ses yeux se plissent, sa mâchoire se resserre.
Je cogne.
J’voulais juste pas d’ses produits.
Le temps s’est arrêté, la salle s’est tue. On vient me voir.
« Pourquoi tu l’as frappé ? Pourquoi tu es violent ? Tu l’aimes pas parce qu’il est différent ? Pourquoi tu as refusé ce qu’il te proposait ? T’es pas marrant ? T’es un vieux ou quoi ? Faut te décoincer ! ».
On me prie de m’en aller. J’en demande pas plus.

Dehors, le crachin ne s’est pas arrêté. J’ai la rage. Je ne fais plus partie de leur monde, j’ai enfreint leur loi. Mes yeux s’humidifient. Je continue à marcher, sans croiser personne. Les rares foyers sont illuminés par la télévision. Un samedi soir. Quelle bande de cons…
« T’as bien raison! ». Je me retourne. Merde, je ne l’avais pas vu ! Un clochard est allongé là, par terre. Et dire que je ne l’avais même pas vu… Un Vieil Homme.
Il me demande ce que je fais seul à cette heure tardive. Pourquoi lui parler ? Surement doit-il être alcoolisé. D’ailleurs, il a les dents toutes déchaussées. M’enfin, je n’ai rien à faire, alors…
Je lui raconte tout ce qui vient de m’arriver, la soirée, le dérapage. Un silence. Il me sourit.
« Tu sais mon garçon, j’aurais réagi comme toi ». Ça me détend un peu, je ne suis peut-être pas cette bête immonde. Il commence à me raconter sa vie. Au début, je me suis dit que ça allait être long, et puis franchement, depuis que mon père a quitté la maison avec sa secrétaire, je n’ai jamais vraiment parlé avec un homme adulte. Je n’ai jamais pardonné.
Il me raconte qu’il y a encore cinq ans, il vivait heureux, employé d’usine. Il avait réussi à acheter une maison à crédit. Puis on a décidé de « rationaliser la production ». On lui a proposé de partir en Asie, en acceptant de gagner dix fois moins. Il a refusé. Il s’est fait virer.
Le fisc s’est emparé de ses biens, et du jour au lendemain, il a tout perdu. Depuis, il vit là. Et là. Puis là. Sa maison à lui, c’est la rue.
Oh, il avait bien essayé de lutter contre cette délocalisation sauvage. Il avait participé à une structure, soulignant le drame écologique et social d’un tel plan. Excédés, lui et ses copains avaient fait un peu de grabuge. Là, l’opinion a commencé à se désintéresser, à se désolidariser. Contester, certes, mais sans bruit et sans vague.
Je restais bouche-bée. Et en même temps, ce Vieil Homme me ressemble : il est déçu par le monde, par ses excès, par son injustice et ses immondices.
Nous avons continué à papoter pendant une bonne partie de la nuit, rigolant, chantant, imaginant, rêvant. On était bien, le monde nous appartenait. Je lui ai dit à demain.
Je ne l’ai plus jamais revu.
J’ai pesté, ragé, ronchonné. Je comptais sur lui pour me parler de la vie, de sa vie. Je pensais que j’aurais pu lui apporter de temps en temps de quoi manger, voire même l’inviter. D’une misérable soirée était née une amitié, un échange, une confiance, qui auraient dû perdurer.

Ce matin, je me suis réveillé. J’avais compris ce que du Vieil Homme, il me restait.
Le combat. Le combat d’une vie à mener, pas d’une survie.
Le combat n’est pas un fait, un comportement de l’individu en société. C’est un état d’esprit.
Toujours se surpasser, ne pas se reposer sur ses acquis. Refuser la jouissance, haïr la médiocrité. L’homme n’est pas fait pour une vie au rabais ! L’homme n’est pas fait pour une vie d’esclave !
Non, nous ne sommes pas faits pour voir nos comportements dictés par le pouvoir économique et financier.
Non, nous ne sommes pas nés pour dépendre des drogues, pour s’agenouiller devant le plaisir, pour s’abaisser devant la racaille.
Non, notre génération ne se contentera pas de consommer et puis basta!

Oui, nous revendiquons une jeunesse libre, fière et enracinée.
Oui, nous assumons être les porteurs du monde de demain. Car demain, ça commence aujourd’hui !
Oui, nous chanterons toute la nuit la victoire, notre victoire, celle de la jeunesse du 21ème siècle, celle de la camaraderie et de l’élévation, celle de la grandeur et du bonheur !
Nous sommes cette jeunesse qui préfère la victoire au défaitisme, cette jeunesse qui croit en l’amour ! Parce que nous voulons vivre. Simplement. Merveilleusement.

Plus que de fêtes sans lendemain, nous voulons être maîtres de nos destins.
La Jeunesse au pouvoir !

Pierre-O

Mais d’où vient cette génération qui nous rend fiers d’être Français ?

Alors que depuis des années, la jeunesse française se caractériserait par le non-respect des valeurs, des actes d’incivilité, et d’autres actes bien répréhensibles encore, voici que surgit dans l’actualité une autre jeunesse d’aujourd’hui qui nous donne des motifs de satisfaction et de fierté.

On ne l’a pas vu venir, je ne l’ai pas vu venir, sans doute dissimulée, enfouie au milieu de l’autre jeunesse qui fait tant parler d’elle, en quelque sorte elle a creusé ses sillons sûrement, anonymement, et aujourd’hui, nous la voyons surgir de derrière l’autre, pour nous donner de grandes joies :

— des Brestois inconnus qui ont le bac avec plus de 20 de moyenne,

— un jeune Français qui passe le bac à 15 ans, il est passé tellement vite dans l’actualité que je n’ai même pas retenu son nom, Bravo à toi, Jeune Français,

— un jeune Savoyard, inconnu, sauf de quelques initiés, Christophe Lemaitre pour ne pas le nommer, qui gagne 3 médailles d’or aux Championnats d’Athlétisme à Barcelone, qui met sa patte sur les épreuves reine du Sprint, et qui transcende toute une flopée de jeunes athlètes de tous les milieux, de toutes couleurs pour nous ramener 18 médailles dont 8 d’OR,

— un jeune nageur de 18 ans, Yannick Agnel qui est couronné d’Or sur 400 mètres libre aux Championnats d’Europe de Natation à Budapest, un autre de 25 ans Camille Lacourt qui gagne le 100 mètres d’eau, toujours à Budapest, et ce n’est sans doute pas fini.

Toute cette jeunesse, et bien d’autres encore, qui n’ont pas droit aux sunlights, venue dont on ne sait où, qui marque de son empreinte au grand jour en 2010, et qui nous fait croire que contrairement aux idées reçues, notre jeunesse a encore de grandes joies à nous apporter, et nous fait croire que la France est loin d’être un Pays triste, apeuré, socialement ébranlé, mais NON, c’est cette jeunesse qui nous fait redresser la tête.

Surtout en ayant celle belle image, en tête, Christophe Lemaitre chantant La Marseillaise, et regardant le drapeau tricolore s’élever dans le ciel de Barcelone.

Jacques PETIT

Le Témoignage d’un sportif français au Kosovo

Après moins de 2h d’avion me voilà arrivé à l’aéroport international de Pristina, vendredi 25 juin 2010 au soir. Hé oui le Kosovo n’est qu’à 2 heures des riches pays d’Europe occidentale. Et pourtant ici il n’y a ni autoroutes moderne, ni maisons luxueuses, seulement une route en terre reliant Pristina à Kosovska Mitrovica, les deux plus importantes villes du Kosovo. Mes premières impressions sont celles d’un pays abandonné, où les gens vivent dans la misère et se débrouillent comme ils peuvent. Seuls touristes à l’horizon : les militaires français, italiens, danois ou encore allemands travaillant pour la KFOR. Pas de Club Med ou autres hôtels Accor.

Samedi 26 juin, l’association Solidarité Kosovo nous emmène visiter le monastère de Visoki Decani. Construit au 14ème siècle, il représente une richesse du patrimoine chrétien et européen. Celui-ci est absolument magnifique, et habité par une quarantaine de moines. Ceux-ci vivent en quasi autarcie, ne se nourrissant essentiellement que de leur propre production. Le monastère est gardé par des militaires italiens, protégés eux-mêmes par des mini-bunkers dont les vitres sont marquées de nombreux impacts de balles. J’apprendrai plus tard que le monastère reçoit, de temps en temps, la visite de grenades et autres tirs de kalachnikov. En effet le monastère est le dernier lieu chrétien autour d’une vaste zone albanaise musulmane.
Nous poursuivons la visite du Kosovo par le village de Pajo, notre guide et interprète. Lui et sa famille vivent dans une enclave d’environ 200 habitants qui est régulièrement protégé par des soldats de la KFOR. Ici peu d’électricité, pas d’eau courante mais beaucoup de courage et de volonté. La fraternité et la solidarité au sein de la communauté serbe de ce village m’ont beaucoup touché, comme la famille de Pajo qui élève en partie les enfants de leurs voisins. La situation économique et sécuritaire dans laquelle ils vivent est tragique, mais pourtant aucun d’entre eux ne se plaint. Ils ne cherchent pas à se faire passer pour des victimes en se lamentant continuellement, non, ils veulent juste vivre en paix sur leur terre.
Puis nous rentrons à notre hôtel de Kosovska Mitrovica, en passant sur un pont qui coupe la ville en deux parties, l’une albanaise, l’autre serbe, le tout étant gardé par des soldats et des policiers jour et nuit.
Nous sommes loin du Pont-Alexandre III à Paris.

Dimanche 27 juin, le jour du tournoi est enfin arrivé. Nous nous rendons dans une petite ville au nord du Kosovo. Là nous faisons connaissance avec nos futurs adversaires. 19h, le tournoi commence, plus de 200 spectateurs sont venus nous encourager. Douze combats de Kick-Boxing sont prévus, dont neuf entre combattants serbes. Ici c’est l’évènement sportif de l’année ! Beaucoup de personnes sont intriguées car il n’est pas courant de voir des citoyens français venir faire du sport et encourager les Serbes au Kosovo. Stéphane et Mathieu, les deux autres sportifs français qui m’accompagnent, viennent de passer sur le ring. J’entends depuis les vestiaires les applaudissements de la foule.
Enfin arrive mon tour de monter sur le ring et d’affronter mon adversaire d’un soir. Mon combat a lieu en dernier contre le champion professionnel de Serbie et des Balkans, autant dire que ce n’était pas gagné d’avance ! Au terme de 3 rounds de 2 minutes, d’un combat soutenu et très engagé, je m’incline aux points mais fier d’avoir résisté et riposté face à un adversaire de ce calibre. Nous profitons des interviews télé et des pauses photos pour échanger nos T-shirts, signe de fraternité entre deux combattants, entre deux peuples.
La soirée se poursuit à Kosovska Mitrovica où nous attend un bon repas et quelques verres de l’amitié.

Ce fut un court mais intense voyage en Europe de l’Est, loin des cartes postales et du tourisme de masse. Au cœur d’une population en souffrance, mais pourtant digne et courageuse, j’ai pu ressentir au fond des yeux de chaque enfant et de chaque grand-parent la même détermination que celle du champion serbe. Un peuple qui lutte ne meurt jamais ! Et pour l’avoir senti dans ma chair, je sais que le peuple serbe n’est pas prêt de disparaître au Kosovo.
Je voudrai remercier Solidarité Kosovo pour l’organisation de ce tournoi et de ce voyage exceptionnel, qui m’a fait ouvrir les yeux sur une réalité que je n’imaginais pas, loin des reportages de télévision que j’avais connu jusqu’ici.

Arnaud Belot

L’esprit du camp

En vue du prochain camp identitaire qui se déroulera en Bretagne du 16 au 21 août prochain, nous republions ce texte de Frank Lancier datant de 2009.

Pour chaque militant identitaire, il y a toujours un avant et un après camp d’été. Je rassure ceux qui souhaiteraient venir à ce camp, il n’y a pas de lobotomisation ni de séance d’hypnose destinées à inculquer la doxa identitaire. Cet après camp se caractérise par trois choses manquantes dans notre société en fin de cycle : la liberté, la communauté et la simplicité.

La communauté, c’est une notion que l’on découvre pendant cette semaine de camp. Vivre avec une cinquantaine de personnes, filles et garçons, ayant les valeurs, les mêmes envies et les mêmes buts donnent un sentiment de plénitude, de joie au quotidien que l’on ne retrouve pas dans nos villes cosmopolites. Chacun de nous trouve facilement sa place dans cette communauté. D’ailleurs, il n’y a jamais eu véritablement d’animosités entre nous, les querelles de Gaulois sont laissées au placard, chacun faisant fi des maladresses pour ne s’attarder que sur la solidarité qui nous unit. On est loin du repli sur soi, les nouveaux militants sont accueillis dignement et deviennent rapidement, s’ils en ont la volonté, des membres à part entière de ce clan. Pour le devenir, il faut se sentir un homme ou une femme libre.

Car chez nous, il n’y a pas d’endoctrinement, notre chemin est bien loin de ce concept ô combien totalitaire de nos républiques. En ennemi d’un système qui souhaite nous détruire, nous connaissons trop bien le prix de la liberté, pour en priver les membres de notre communauté. La première des libertés c’est de pouvoir vivre son identité sans apparaître au mieux comme un risible farfelu ou au pire comme un méchant spécimen attardé à une certaine période de l’histoire. Je ne me suis jamais senti aussi libre que durant un camp, loin de cette prison dorée que l’on appelle notre société. Car cette liberté d’être en harmonie avec la nature, demande un sacrifice, celui de vouloir vivre de manière simple au sein de notre communauté.

Et cette simplicité dans notre quotidien, on l’acquiert très vite. J’ai été étonné comment, gone de la ville, je pouvais me dépouiller de mes accessoires inutiles (télévision, téléphone, portables, vêtement de marque), pour ne garder que l’essentiel. Ce régime du superflu se fait sans y crier gare, rien n’est imposé mais tout se fait naturellement. Et l’on comprend mieux pourquoi cette société de consommation s’échine à détruire nos communautés tout en réduisant nos libertés fondamentales. Car un homme libre et enraciné n’a pas besoin de consommer, il n’a pas besoin du superflu de nos centres commerciaux, il n’a pas besoin d’avoir, il lui suffit d’être, de vivre son identité.

Le camp de ce mois d’août n’attend plus que vous. Pour vous aussi, il y aura un avant et un après. Et il se peut bien que ces sensations que vous aurez éprouvées vous changent à jamais.

Frank Lancier

Mon pote serait-il un dealer ?

Touche pas à mon pote!

Un mot d’ordre plus autoritariste que libertaire qui fleure bon les années Mitterrand. À vrai dire, en apercevant la grande main jaune dans Grenoble, Jacques s’était un instant demandé si la combinaison travail excessif + café serré + absinthe féérique ne commençait pas à lui jouer des tours. Il avait même commencé à scruter anxieusement les alentours, s’attendant à voir débouler des bandes de neusks et de keupons, s’affrontant joyeusement à coup de bouteilles brisées et de poings ricains.

Mais non, tout allait bien, ou presque, et l’on était toujours en 2010. Assurant sa démarche et rassemblant ses pensées éparses, il se rapprocha du digne lampadaire de la Place Notre-Dame ainsi affublé d’une telle postiche anachronique. Et là, stupéfaction.  Si l’autoc sentait les années 80, le rire que le jeune homme lui adressa alors empestait un mélange de moquerie, d’hilarité,…et une certaine lassitude.

Touche pas à mon pote, le message dictatorial de l’homme aux 100 montres, recouvrait un autre autocollant aussi injonctif: Pas de dealers dans nos quartier!

Après le délire chronologique et l’ahurissement, c’est la perplexité qui tétanisa Jacques. En effet, pourquoi une association antiraciste prendrait-elle la défense des dealers. SOS racisme et autres oficines admettaient-elles enfin le fait que la majorité des vendeurs de poison qui fait planer étaient des « potes »? des « potes », c’est à dire des « jeunes » en langage merdiatique.

Résumons, prononça intérieurement le futur ingénieur. Si les potes prenaient ainsi la défense des dealers, alors Zemmour était bien sur la même ligne que Mouloud Aounit et consorts: la plupart des trafiquants sont des noirs et des arabes. CQFD
Mais non, ce  ne pouvait être la seule explication…