L’écrivain-explorateur Sylvain Tesson a vécu six mois, en ermite, dans une cabane au bord du lac Baikal en Sibérie. Avec lui, une caisse de vivres, une canne à pêche, des bouteilles de vodka et une soixantaine de livres, de Nietzsche à Jünger en passant par Casanova et Shakespeare.
C’est cette fascinante expérience qu’il narre dans son nouvel ouvrage Dans les forêts de Sibérie publié à l’occasion de la rentrée littéraire 2011.
Du plein hiver en février à l’été éclatant de juillet, l’auteur relate ses petits plaisirs du quotidien, sans prétention. Lecture, écriture, pêche, exploration aux alentours de sa cabane à la recherche de l’immensité. Porté par le recours au forêt, le besoin de rompre avec la modernité et la vitesse insensée de la vie en ville, Sylvain Tesson nous offre ici une vision du monde à contre-courant, entrecoupée d’aphorismes et de métaphores bien senties.
Une lecture vivifiante que nous vous conseillons vivement !
Ils vivent à l’écart du monde et, pourtant, en période de tumulte, des vacanciers apprécient les retraites auprès des moines. En ce début d’été, des monastères affichent déjà complet.
Il y a l’actualité effrénée, tourbillonnante, entre Fukushima et la bactérie E. Coli, le scandale Strauss-Kahn, la présidentielle qui se profile, les résultats du bac, les départs en vacances pour ceux qui ont cette chance, les tumultes du monde. Le bruit, le stress, le combat du quotidien et beaucoup de solitude, aussi. Et pendant ce temps, invariablement, suivant une règle de vie édictée il y a plus de mille cinq cents ans, des hommes et des femmes se lèvent en plein cœur de la nuit pour chanter et prier un dieu auquel ils ont donné leur vie.
Pure folie? Absurdité? Posture totalement inutile dans notre monde qui demande sans cesse plus de productivité et de résultats? Hormis pour voter ou aller chez le médecin, les moines et les moniales cloîtrés ne sortent jamais dans le monde.
Mais le paradoxe, c’est que, depuis quelques années, le monde se rue vers eux. L’été, en particulier, les retraites dans les monastères connaissent un succès invariable, renforcé par le succès du film « Des hommes et des dieux », au point que certains voient leur hôtellerie afficher complet en ce moment.
Un supplément d’âme et de bonheur
Pour certaines personnes, s’astreindre, en silence et sans portable, pendant quelques jours, au rythme des sept prières quotidiennes des moines, c’est un rendez-vous avec Dieu à ne pas manquer, qui se renouvelle d’année en année. Pour d’autres, cela marque un retour timide à une sensibilité religieuse héritée de l’enfance. Pour d’autres enfin, c’est une attirance inexpliquée, à mi-chemin entre une quête de bien-être personnel et une démarche spirituelle bien éloignée de l’Eglise.
Charles Wright, auteur de 30 ans, a passé plusieurs semaines dans une abbaye bénédictine en Provence, pour tenter de répondre à une question simple : « A quoi servent les moines? » A rien? Vraiment? Ils sont de plus en plus nombreux à penser que, justement, leur présence gratuite, hors du tumulte du monde, leur non-compétitivité, leur non-rendement, au sens marchand du terme, nous apportent au contraire, surtout en période de crise, un supplément d’âme et de bonheur.
En forêt, en montagne, tu connais toutes les pistes, y’a rien qui te résiste. Dans toutes les randonnées, le mouvement est le même : la solidarité effacera les haines. Comme un oiseau voyageur qui survole toute l’Europe, tu marches pendant des heures, ça te libère le cœur. De l’Atlantique à l’Oural, y’a qu’un seul idéal, y’a qu’un ciel pour toit, ce Royaume est à toi ! (Molodoi – Royaume de Jeunesse)
Lundi 13 juin, deux jeunes Européens militants de l’Autre Jeunesse, l’un parisien – du Projet Apache, l’autre provençal – de Recounquista, se sont retrouvés en gare de Montpellier pour emprunter les sentiers de Grande Randonnée qui les mèneront jusqu’à Millau en passant par le Larzac. A l’origine de cette initiative, l’envie, partagée par tous les jeunes Blancs étouffés par la modernité et les injonctions paternalisantes à la « prudence », de briser ces chaines invisibles qui lacèrent nos cœurs en mal d’aventure. Partis à midi de Montpellier La Paillade (« ici jadis vivaient des Français »), par des températures estivales – jusqu’à 30 degrés, il a fallu rejoindre Montarnaud, modeste village sur la route de Saint Guilhem Le Désert.
Nous publiions il y a quelques mois le compte rendu et les photos d’un raid de 4 jours effectué courant août 2010 par cinq de nos camarades partis à la découverte des rives et des villages de la Loire à bord d’un radeau construit de leurs mains. À l’approche de l’été, nous prenons plaisir à rappeler leur aventure rafraîchissante, qui a la force de l’exemplarité.
Dans la moiteur de cette chaude matinée d’été, de lourds nuages massifs survolaient la Terre. Nomades et mystérieux, ils pérégrinaient en silence, des océans de l’Occident aux étendues désertiques de l’Orient, guidés calmement par le vent vers l’horizon flou et déchiré. Au loin retentit le carillon d’une cloche. Tandis qu’assise sur son cheval de bronze, une fille de France coiffée de son heaume doré, jette un regard sur sa cathédrale, figée par la gloire dans une posture vigilante. Les lumières colorées et la féérie de la nuit s’évaporent avec le jour. Orléans s’éveille. La cité s’anime. Et à ses pieds, nonchalante et paisible, la Loire coule. Au loin, dans un bruissement feutré, des ailes immaculées s’allongent et prennent leur envol avec la grâce que seuls connaissent les cygnes.
L’horloge du clocher sonne midi quand une forme plonge pour la première fois dans les eaux émeraudes du fleuve. Et glisse à la surface comme une ombre, trapue, charpentée, menaçante. Elle a l’odeur fruitée de l’acacia et la force de l’acier. La résistance du bambou et l’imperméabilité de la toile. Un rectangle de bois tressé de chanvre, à califourchon sur de lourds cylindres métalliques, couvert d’un triangle de tissu. La rigueur géométrique pousse Archimède dans ses confinements et prend la tangente sur la sinusoïde infinie du cours d’eau.
L’équipage, d’un bond souple, a sauté à bord. Ils étaient cinq. Cinq jeunes hommes à prendre le départ, venus de loin et d’endroits différents, unis comme les doigts de la main à une même destinée, à une même aventure. Un sort incertain, hasardeux, que rien ne laissait présager, mais que la bonne humeur de ces marins de fortune teintait d’espoirs et de promesses. Des bras vigoureux pour faire vivre les rêves… et du courage. Car ainsi vont les artisans d’exploit.
L’embarcation fendait les flots dans un clapotis guttural, rythmé par le tambour régulier des tonneaux qui faisait résonner cette traversée fantastique comme une croisade. La jeunesse partait en guerre. Rebelle et fière, elle luttait contre l’ennui et le confort. Elle reprenait ses droits sur la vie au grand air. Quittée la quiétude de la ville. Envolé le luxe amolli et superflu de la maison qui endort l’esprit. Confrontée à la nature, la jeunesse retourne à sa fougue. Elle retrouve l’éclat de sa force, sauvage et instinctive. Celle qui fait les Hommes. Pendant que sur le bastingage, le parfum de la roche et de l’eau enivre les cœurs. Des rires éclatent, comme des coups de feu. L’aventure commence.
Le rafiot avance lentement. Deux longues gaffes de bambous le font louvoyer à travers les aspérités des profondeurs capricieuses de la Loire. Par endroits, il faut se jeter à l’eau pour libérer l’embarcation d’un piège de sable et de gravier. Les pieds souffrent et le langage se durcit. L’atmosphère se charge d’électricité, prête à foudroyer. Mais la volonté surpasse toujours la difficulté et balaye d’une main le désagrément. Et le chemin continu, toujours aussi lent, toujours aussi farouche. Puis le soleil disparaît derrière le faîte moutonnant d’une forêt et l’équipage pose pied sur un îlot pour la nuit. Le feu crépite et lance ses flammes dorées dans la nuit claire. Et ensorcèle les marins fourbus, qui s’enfoncent rapidement dans un sommeil profond.
Et les jours se suivent ainsi sur les courbes ondulantes du grand fleuve. Suspendu dans le temps, figé par la magie de ces eaux tourbillonnantes, l’équipage se perd dans un univers aux frontières de la conscience et des songes, porté par la poésie et la puissance sauvage de cette immense artère de jade. Un fin crachin matinal dilue l’horizon dans un brouillard flouté. Autour du navire de fortune, les gouttes s’écrasent en une infinité de minuscules cercles concentriques, comme une pluie d’étoiles enfermées dans un miroir. L’air et l’eau ne font plus qu’un. La faune aquatique en liesse improvise un ballet de surface en une pièce d’opéra furtive, scintillante de mille écailles argentées. Puis, un rayon doré transperce enfin l’acier céleste, annonciateur du crépuscule du peuple fragile des géants de l’air. Il fera beau. Sur une berge, une poule d’eau lisse soigneusement le duvet soyeux de ses petits. Ils doivent être beaux pour leur première baignade.
Les jours et les nuits se succèdent au fil de l’eau. Le jour, on croise des groupes de canoës filiformes qui fusent dans l’onde claire. Leurs nageoires latérales plongent au tempo du bon vouloir de leurs passagers. Parfois véloces, parfois nonchalants. Des pêcheurs aussi, assis sur la berge ou au fond d’une barque légère, qui attendent patiemment l’invisible espoir de remonter un magnifique brochet. La politesse est de rigueur, naturelle et bienveillante. Elle unit l’espace d’un instant les hommes d’une amitié fugitive improbable. Le soir, les feux brillent. Perdu au milieu des flots, sur une île oubliée de la civilisation, l’équipage rit en se remémorant les souvenirs du jour passé. L’âme se libère et s’allège pour oublier les meurtrissures du corps. Puis elle s’endort sous la voûte étoilée.
La route est longue et semée d’embûches. Et pourtant, il faut avancer. Sauter, pousser, nager, remonter. Encore et encore. Les mains moites, les tempes ruisselantes, l’union fait la force et l’emporte. Les blessures légères individuelles ne sont rien pour l’espoir de tout un équipage volontaire. Et toujours, l’aventure se poursuit. Un barrage même n’aurait su retenir le flot de cette détermination. Pourtant de taille, l’obstacle ne suscite chez ces marins que plus d’audace. Enthousiaste, tout étendard dehors, battant pavillon rebelle, la jeunesse se jette alors à corps perdu dans l’inconnu. Indifférente au danger. Téméraire et fière.
En chemin, l’équipage croise aussi des carcasses de coques fendues, échouées dans de tragiques postures. Par endroits, des vestiges d’antiques viaducs, de ponts anéantis par la folie des Hommes. Ces piliers les observent de toute leur sagesse. Ces reliques du passé rappellent à quel point la vie est fragile. A quel point toute gloire est éphémère. La Loire, comme le temps, s’écoule et emporte avec elle le souvenir. Elle suggère qu’il n’est de vraie victoire que dans l’immortalité. La Loire est source d’inspiration et nous distille sa sagesse dans le calme velouté de la nuit. Car pour la dernière étape, l’embarcation navigue sous la seule lueur du scintillement des étoiles et les reflets opalescents de la Lune. Il règne à bord une fièvre joyeuse. Le mystère trouble la surface des éléments. Le flot cristallin d’émeraude se métamorphose en sombre serpent d’écailles visqueuses. Les affres de la nuit enchâssent les cœurs de leurs griffes de doute et d’angoisse, réveillant un monde imaginaire de ténébreux. C’est alors que d’une gorge timide, quelques notes s’envolent en pagaille. Désordonnées, isolées, seules, fragiles ; elles déchirent le voile noir. Comme le cor des héros d’Autrefois, elles sont un cri de détresse autant que de victoire. C’est le rappel des braves, de ceux qui veulent poursuivre la lutte, de ceux qui veulent continuer à espérer. Les notes s’étoffent, se libèrent et s’organisent. Elles sont maintenant un chant clair. Une autre voix s’y accroche. Presque au même instant, une troisième. Finalement c’est tout l’équipage qui vocalise à pleins poumons. La nuit a pris une autre teinte. Elle s’est colorée. La symphonie des cœurs auréole les alentours sinistrés d’or et d’argent. L’embarcation, légère et pétillante, disparaît sous une pluie d’étincelles enchantées. Le rire est devenu roi. On rit à la fierté de l’exploit. On rit pour cet instant fugitif, au milieu de nulle part, perdu dans le vague. Pour ce moment précis et inconnu de l’aventure où, d’un même cœur, les Hommes savent qu’ils partagent ensemble et à part égal un même bonheur.
Demain, nous nous quitterons. Demain, nos regards se croiseront sur le quai d’une gare et nos mains se serreront une dernière fois avant de nous en retourner. La Loire laissera sûrement dans son sillage un peu de vague à l’âme. Nous le savons. L’aventure nous invite à poursuivre. Mais ailleurs, d’autres nous attendent. Et pourtant, sous une pluie inopinée, blottit près du feu qui se meure, nous rions. Nous rions au Présent. Notre rire est celui d’une jeunesse folle et passionnée, qui profite de la vie et se moque de ses soucis. Un profit sans égoïsme, sans mal façon, sans vice. Au bénéfice de tous. Un petit don de soi pour le plus grand bonheur de chacun. Car ne nous y trompons pas, la jeunesse n’est ni un âge présupposé de la vie, ni une attitude, ni une mode, ni rien de temporel et quantitatif. Une et indivisible, débordante, passionnée, sensible et heureuse, elle se donne sans compter. Folle pour certains ? Non ! La jeunesse est vertu. Mieux que ça ! Elle est un idéal. Comme dans les vieilles légendes et les plus fabuleux mythes. Héroïque et immortelle.
Lettrage tremblant, couleur pâlotte. Mais c’est inscrit à jamais sur ce mur de cette petite ville pourrie de Westphalie. « Plus jamais la guerre ! ». C’est écrit.
Je sortais juste fumer une cigarette. Temps de chien, rue déserte, seul le bruit lointain d’un scooter excite mon ouïe. Personne n’a voulu m’accompagner.
Je reste interloqué par ce graffiti. Un peu perplexe, je retourne à la soirée.
La musique est assourdissante, oppressante et sans saveur. Mais les jeunes dansent. Ils sautent, les corps se désarticulent, les bras s’enlacent. Je n’arrive pas à reconnaître les personnes, les lumières m’aveuglent. C’est une armée de corps qui dansent. Étrange.
Un mec complètement ivre vient me parler. Il raconte qu’il est grave dans la merde, sa copine vient de s’apercevoir qu’il l’a trompée. « Pourtant j’étais discret, mais rien à faire! Toutes des salopes les meufs ». Ouais c’est ça, va t’en. Pénible.
Comme le gars continue à bavasser, je file me chercher un truc à boire. On me propose plusieurs liquides aux couleurs douteuses, des boissons énergisantes ou des sodas sans goût. Bordel, j’aurais juste voulu une bière locale !
Je regarde la salle bouger. Dans un coin, deux jeunes filles s’embrassent. Près d’une table, un groupe rigole fort, très fort. On dirait qu’ils se forcent.
« Tu veux des trucs ? Eh, tu veux quelque chose ? ». Je ne l’avais pas vu lui. Jean slim, tee-shirt brillant, coiffure scintillante. Pas l’air idiot. « Oh, je te parle ! Tu veux un cachet ? Ou trois pour le prix de deux ?». J’mange pas de ce pain moi. Non merci. Qu’il aille voir ailleurs.
« Qu’est ce qu’il y a, ça te plait pas? ». Il est collant, et le ton change. Il se rapproche en faisant signe à deux de ses sbires de venir. Il n’est pas content, olala, pas content.
Je peux désormais sentir son haleine. T’es trop proche mon gars, laisse-moi. Mails il ne veut pas. Rien y fait, ses yeux se plissent, sa mâchoire se resserre.
Je cogne.
J’voulais juste pas d’ses produits.
Le temps s’est arrêté, la salle s’est tue. On vient me voir.
« Pourquoi tu l’as frappé ? Pourquoi tu es violent ? Tu l’aimes pas parce qu’il est différent ? Pourquoi tu as refusé ce qu’il te proposait ? T’es pas marrant ? T’es un vieux ou quoi ? Faut te décoincer ! ».
On me prie de m’en aller. J’en demande pas plus.
Dehors, le crachin ne s’est pas arrêté. J’ai la rage. Je ne fais plus partie de leur monde, j’ai enfreint leur loi. Mes yeux s’humidifient. Je continue à marcher, sans croiser personne. Les rares foyers sont illuminés par la télévision. Un samedi soir. Quelle bande de cons…
« T’as bien raison! ». Je me retourne. Merde, je ne l’avais pas vu ! Un clochard est allongé là, par terre. Et dire que je ne l’avais même pas vu… Un Vieil Homme.
Il me demande ce que je fais seul à cette heure tardive. Pourquoi lui parler ? Surement doit-il être alcoolisé. D’ailleurs, il a les dents toutes déchaussées. M’enfin, je n’ai rien à faire, alors…
Je lui raconte tout ce qui vient de m’arriver, la soirée, le dérapage. Un silence. Il me sourit.
« Tu sais mon garçon, j’aurais réagi comme toi ». Ça me détend un peu, je ne suis peut-être pas cette bête immonde. Il commence à me raconter sa vie. Au début, je me suis dit que ça allait être long, et puis franchement, depuis que mon père a quitté la maison avec sa secrétaire, je n’ai jamais vraiment parlé avec un homme adulte. Je n’ai jamais pardonné.
Il me raconte qu’il y a encore cinq ans, il vivait heureux, employé d’usine. Il avait réussi à acheter une maison à crédit. Puis on a décidé de « rationaliser la production ». On lui a proposé de partir en Asie, en acceptant de gagner dix fois moins. Il a refusé. Il s’est fait virer.
Le fisc s’est emparé de ses biens, et du jour au lendemain, il a tout perdu. Depuis, il vit là. Et là. Puis là. Sa maison à lui, c’est la rue.
Oh, il avait bien essayé de lutter contre cette délocalisation sauvage. Il avait participé à une structure, soulignant le drame écologique et social d’un tel plan. Excédés, lui et ses copains avaient fait un peu de grabuge. Là, l’opinion a commencé à se désintéresser, à se désolidariser. Contester, certes, mais sans bruit et sans vague.
Je restais bouche-bée. Et en même temps, ce Vieil Homme me ressemble : il est déçu par le monde, par ses excès, par son injustice et ses immondices.
Nous avons continué à papoter pendant une bonne partie de la nuit, rigolant, chantant, imaginant, rêvant. On était bien, le monde nous appartenait. Je lui ai dit à demain.
Je ne l’ai plus jamais revu.
J’ai pesté, ragé, ronchonné. Je comptais sur lui pour me parler de la vie, de sa vie. Je pensais que j’aurais pu lui apporter de temps en temps de quoi manger, voire même l’inviter. D’une misérable soirée était née une amitié, un échange, une confiance, qui auraient dû perdurer.
Ce matin, je me suis réveillé. J’avais compris ce que du Vieil Homme, il me restait.
Le combat. Le combat d’une vie à mener, pas d’une survie.
Le combat n’est pas un fait, un comportement de l’individu en société. C’est un état d’esprit.
Toujours se surpasser, ne pas se reposer sur ses acquis. Refuser la jouissance, haïr la médiocrité. L’homme n’est pas fait pour une vie au rabais ! L’homme n’est pas fait pour une vie d’esclave !
Non, nous ne sommes pas faits pour voir nos comportements dictés par le pouvoir économique et financier.
Non, nous ne sommes pas nés pour dépendre des drogues, pour s’agenouiller devant le plaisir, pour s’abaisser devant la racaille.
Non, notre génération ne se contentera pas de consommer et puis basta!
Oui, nous revendiquons une jeunesse libre, fière et enracinée.
Oui, nous assumons être les porteurs du monde de demain. Car demain, ça commence aujourd’hui !
Oui, nous chanterons toute la nuit la victoire, notre victoire, celle de la jeunesse du 21ème siècle, celle de la camaraderie et de l’élévation, celle de la grandeur et du bonheur !
Nous sommes cette jeunesse qui préfère la victoire au défaitisme, cette jeunesse qui croit en l’amour ! Parce que nous voulons vivre. Simplement. Merveilleusement.
Plus que de fêtes sans lendemain, nous voulons être maîtres de nos destins.
La Jeunesse au pouvoir !