En affirmant l’identité de mon peuple, je défends celle de tous les peuples

Il fallut du temps pour passer d’un nationalisme de combat à la conscience sereine de l’identité. Oui, il a fallu du temps pour en arriver à cette idée nouvelle qu’en affirmant l’identité de mon peuple, je défends celle de tous les peuples, qu’en assurant le droit égal de chaque culture, j’assure le même droit pour les miens. Respecter la culture enracinée de tous les peuples ne signifie pas qu’on accorde une égale considération à n’importe quoi. Parler d’égalité des cultures n’a pas de sens. Les cultures ne se quantifient pas. Je respecte le mode de vie ancestral des Bochimans du Kalahari et, si c’était en mon pouvoir, je le défendrais contre tout ce qui le menace (il est mortellement menacé). Le respect des vraies cultures ne se confond pas non plus avec le culte de toutes les fariboles créées par la mode. Il implique au contraire la capacité de juger et de hiérarchiser autrement qu’en termes de marché.

Dominique Venner, Le cœur rebelle

C’était il y a 1 279 ans, jour pour jour.

Charles de Steuben, La Bataille de Poitiers

Les Sarrasins s’étaient avancés en triomphe l’espace de plus de trois cents lieues, depuis le rocher de Gibraltar jusqu’aux bords de la Loire, et, en faisant trois cents lieues de plus, ils seraient arrivés aux confins de la Pologne et aux montagnes de l’Ecosse : le passage du Rhin est aussi facile que celui du Nil et de l’Euphrate, et d’un autre côté la flotte arabe aurait pu pénétrer dans la Tamise sans livrer un combat naval. Les écoles d’Oxford expliqueraient aujourd’hui le Coran, et du haut de ses chaires on démontrerait à un peuple circoncis la sainteté et la vérité de la révélation de Mahomet. Le génie d’un seul homme sauva la chrétienté. [...] On est surpris que le clergé, qui doit à Charles Martel son existence, n’ait pas canonisé ou du moins n’ait pas comblé d’éloges le sauveur de la chrétienté.

Edward Gibbon (1775-1888), Histoire de la chute et de la décadence de l’Empire romain

Maître Bonnant a les mêmes héros que nous !

Lors d’un débat pour les prochaines élection fédérales, nous avons eu le plaisir de constater qu’un homme réputé pour sa culture classique partage avec nous le même panthéon de héros.

A croire que les vrais défenseurs de la civilisation européenne savent reconnaitre les leurs.

Pour faire un lien avec la politique suisse, cet attachement à l’Europe en tant que civilisation n’a pas empêché Maître Bonnant de réclamer plus de frontières avec l’UE pour lutter contre la situation de dumping salarial et de dumping de compétence qui fait tant de mal aux jeunes Suisses.

Nous en profitons pour vous rappeler les deux premiers titres parus aux éditions IDées et qui font la part belle à Léonidas, Charles Martel et Don Juan d’Autriche.

 

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Notre génération n’est pas effrayée, mais elle se sait condamnée à l’excellence

“Votre livre, me demande-t-on parfois, n’est-il pas démobilisateur ? Car si la France est morte, il n’y a plus qu’à baisser les bras et à rentrer dans sa coquille.” Une telle question, je l’avoue, m’étonne. Je ne vois pas pourquoi la mort de la France nous condamnerait à l’inaction. J’y verrais plutôt de pressantes raisons d’agir. Nous avons à conserver l’héritage et à le faire fructifier. Nous devons perpétuer la langue française, transmettre les usages de notre civilité, entretenir la flamme de notre civilisation. Cela n’est-il rien ? Si la France est mourante ou morte, doit-on pour autant cesser de fonder des familles et d’élever les enfants ? Cela n’est-il rien ? La cité a disparu, mais il y a toujours des hommes vivants, et ceux-ci ont à survivre ; ils ont à se défendre tous les jours contre les agressions de l’Etat ennemi, ils ont à se protéger à tout moment contre l’avilissement des moeurs et la désagrégation générale de la société. Cela n’est-il rien ? Enfin il ne suffit pas de survivre, il faut vivre, et vivre d’autant plus intensément que la “culture de mort”, comme on dit, est omniprésente. Or qu’est-ce que vivre ? C’est nous conduire en êtres humains doués de raison et créés à l’image de Dieu; c’est prier, étudier, servir nos proches, secourir les malheureurx, cultiver l’amitié, célébrer les événements heureux, et bannir la tristesse et la désespérance. Tout cela doit-il être compté pour rien ?

J’ajouterai ceci. Les obligations nouvelles qui s’imposent à nous, les meilleurs de la génération qui nous suit, les ont, me semble-t-il, instinctivement comprises. Ils s’organisent pour survivre et pour vivre. Ils forment des réseaux d’amitiés. Ils se cuirassent contre les coups. Ils ont encore sous les yeux, et peuvent mêmes y goûter, les restes de la France, de la grandeur de ses monuments, de la beauté de ses paysages et de la douceur de sa vie. Mais l’être moral, auteur de ces biens, a disparu semble-t-il. Un jour, il est raisonnable de le craindre, les vestiges eux-mêmes seront effacés. La cité a été détruite. Il s’en formera un nouvelle, mais pas avant longtemps. On ne peut, nous avait-on dit, exister sans le politique. Mais n’existons-nous pas ? En tout cas cette génération se prépare à se passer de lui. Elle n’est pas effrayée, mais elle se sait condamnée à l’excellence. Là est la voie étroite où elle trouvera sa patrie².

2. “Patrie, c’est la connaissance du grand vieux trésor et l’élargissement à sa mesure ; c’est la grande amitié et le dévouement, c’est le don de soi-même” (Henri Pourra, Le Chef français, septième édition, Marseille, Robert Laffont, 1942, p.94)

Jean de Viguerie – Les deux patries, Avant-propos de la deuxième édition

« Il s’agit de refaire un peuple » – Génération Mistral !

Messieurs, ne l’oubliez pas : l’amour de la patrie n’est pas le résultat d’une opinion, d’un décret ou d’une mode. Le grand patriotisme nait de l’attachement que l’on a pour son endroit (…) pour sa famille, et les meilleurs soldats, croyez-le, ne sont pas ceux qui chantent et qui brament après avoir bu : ce sont ceux qui pleurent en quittant leur maison. Par conséquent, Messieurs, si nous voulons relever notre pauvre patrie, relevons ce qui fait croître les patriotes : la religion, les traditions, la mémoire nationale, la vieille langue du pays, et cité après cité, province après province, rivalisons d’étude, de travail et d’honneur pour célébrer diversement le nom de France.

Frédéric Mistral, discours aux Jeux floraux de Montpellier, 1875 (Ecrits politiques, 1989)

Par leurs actions d’éveilleurs de peuple, des Maisons de l’Identité aux camps d’été en passant par des initiatives en tout genre, les jeunes identitaires des quatre coins de France et de Suisse empruntent la voie tracée par le poète provençal : par la conquête des esprits, nous relevons nos patries en fortifiant le terreau qui favorise le développement d’un certain type d’homme, les patriotes, les enracinés. En effet, pour sauver et conduire la civilisation européenne, c’est la valeur des hommes dévoués à cette tâche qui importe, et non une mécanique institutionnelle ou économique précise. Ce qui vérole nos sociétés européennes, c’est, plus que le libre-échange destructeur ou le jacobinisme bruxellois, la médiocrité d’âme des élites et des faiseurs d’opinion qui ont mis en place ces systèmes : rétablir un ordre social harmonieux tout en maintenant en son sommet les hommes et femmes corrompus qui sont responsables de son délitement, c’est conserver les conditions d’une rechute à venir… N’oublions jamais que les sociétés pourrissent d’abord par la tête ; en conséquence, à nous d’incarner les espoirs de demain et le type d’homme qui les porte. De facto, nous pensons comme Frédéric Mistral qu’« il ne s’agit pas ici de faire une majorité électorale, il s’agit de refaire un peuple » (1882). Pour nous, c’est Métapolitique d’abord !

Nous sommes la génération Mistral.