Messieurs, ne l’oubliez pas : l’amour de la patrie n’est pas le résultat d’une opinion, d’un décret ou d’une mode. Le grand patriotisme nait de l’attachement que l’on a pour son endroit (…) pour sa famille, et les meilleurs soldats, croyez-le, ne sont pas ceux qui chantent et qui brament après avoir bu : ce sont ceux qui pleurent en quittant leur maison. Par conséquent, Messieurs, si nous voulons relever notre pauvre patrie, relevons ce qui fait croître les patriotes : la religion, les traditions, la mémoire nationale, la vieille langue du pays, et cité après cité, province après province, rivalisons d’étude, de travail et d’honneur pour célébrer diversement le nom de France.
Frédéric Mistral, discours aux Jeux floraux de Montpellier, 1875 (Ecrits politiques, 1989)
Par leurs actions d’éveilleurs de peuple, des Maisons de l’Identité aux camps d’été en passant par des initiatives en tout genre, les jeunes identitaires des quatre coins de France et de Suisse empruntent la voie tracée par le poète provençal : par la conquête des esprits, nous relevons nos patries en fortifiant le terreau qui favorise le développement d’un certain type d’homme, les patriotes, les enracinés. En effet, pour sauver et conduire la civilisation européenne, c’est la valeur des hommes dévoués à cette tâche qui importe, et non une mécanique institutionnelle ou économique précise. Ce qui vérole nos sociétés européennes, c’est, plus que le libre-échange destructeur ou le jacobinisme bruxellois, la médiocrité d’âme des élites et des faiseurs d’opinion qui ont mis en place ces systèmes : rétablir un ordre social harmonieux tout en maintenant en son sommet les hommes et femmes corrompus qui sont responsables de son délitement, c’est conserver les conditions d’une rechute à venir… N’oublions jamais que les sociétés pourrissent d’abord par la tête ; en conséquence, à nous d’incarner les espoirs de demain et le type d’homme qui les porte. De facto, nous pensons comme Frédéric Mistral qu’« il ne s’agit pas ici de faire une majorité électorale, il s’agit de refaire un peuple » (1882). Pour nous, c’est Métapolitique d’abord !
Nous sommes la génération Mistral.
