Les Watchmen : le pamphlet anti-moderne des années 2000 ?
Par Julien Langella
Le fim Les Watchmen sort en France en mars 2009. C’est l’adaptation du comic-book éponyme paru de septembre 1986 à octobre 1987. C’est une uchronie : l’histoire des Etats-Unis est réécrite selon l’hypothèse d’une victoire américaine au Vietnam grâce à l’aide décisive du Dr Manhattan, alias Jon Osterman, physicien irradié par accident qui acquit le pouvoir de contrôler et de créer la matière ainsi que de voir dans son avenir. Richard Nixon est toujours président (pour son cinquième mandat suite à une réforme constitutionnelle), le scandale du Watergate n’a jamais éclaté et l’horloge de la fin du monde, dont « minuit » signifie l’apocalypse causée par une guerre nucléaire certaine avec l’URSS, affiche « minuit moins quatre ». Le monde vit dans la tension et la peur. Nous sommes en 1985. Le Comédien, alias Eddie Blake, ancien membre de l’équipe de super-héros Les Watchmen (Les Gardiens), aujourd’hui barbouze au service de Washington, est assassiné. L’autre ex-Watchmen Rorschach, alias Walter Joseph Kovacs, mène l’enquête. Il suspecte un complot destiné à supprimer un à un tous les anciens Watchmen. L’équipe a été dissoute il y a des années de cela et l’activité de super-héros prohibée par la loi Keene de 1977. Depuis, les Watchmen ont tous raccroché, l’un finissant à l’asile, l’autre en maison de retraite, deux ont été assassinées il y a des années, etc. La plupart sont des écorchés vifs « très humains ». Et pour cause : malgré leurs capacités physiques et intellectuelles hors du commun, aucun sauf le Dr Manhattan n’a réellement de super-pouvoir. Lire la suite

La réponse est simple : Rien. Rien de politique, rien de véritablement admirable, pas de preux chevalier, ou de question d’honneur. Juste, pour parler crûment, la vie d’un mec un peu rêveur né dans l’Arkansas en 1932 dans une famille de sept enfants, qui passera son enfance en aidant ses parents métayers dans les champs de coton. Un mec qui perdra son frangin et s’engagera dans l’armée. Un mec qui percera entre rockabilly et country en compagnie des Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, ou Carl Perkins. Un mec qui sombrera dans la drogue, et la facilité ; et qui reviendra de l’enfer avec celle qui lui manquait (« I still miss someone »). Un « man in black » qui chantait pour les pauvres, les laissés pour compte, les prisonniers, ceux qui sont morts au combat, pour les ouvriers, pour ceux que Dieu a oublié. Un mec qui finira par faire le bien autour de lui et donnera des concerts dans les prisons parce qu’il croyait, en bon chrétien, au pardon et à la rédemption.

















