La légende continue !

Ce samedi 7 Novembre avait lieu à Chicago le Strikeforce Fedor vs Rogers, évènement de Combat Libre avec pour principal combat le tant attendu duel opposant l’invaincu noir américain Brett Rogers au Russe Fedor Emelianenko.

Opposition de style s’il en est.

Le premier reste sur une série de 10 victoires pour 0 défaites. Il impressionne de par son gabarit (1m96 pour 125kg) et son punch qui lui a fait battre tous ses adversaires par KO dont l’ancien champion de l’UFC Andrei Arlovski, en une poignée de secondes. Il a également pour lui une motivation énorme pour ce combat. Battre le numéro 1, la chance de sa vie…Et il le répète à qui veut l’entendre, il va mettre Fedor KO, aucun doute : « Non Grand-mère, ne t’inquiète pas, il ne va pas me faire du mal, JE vais lui faire du mal. »

On ne présente plus le second, légende du MMA depuis 7 ans et toujours considéré par beaucoup comme le numéro 1 mondial. Ses qualités physiques et techniques sont remarquables dans toutes les phases de combat. Il frappe d’une manière obscure, et ne possède pas une boxe anglaise dite « propre » mais plutôt une capacité à envoyer ce qui est vulgairement appelé des « parpaings » avec une vitesse et une puissance peu commune pour un poids lourd. Sa lutte et ses techniques au sol témoignent également d’un très haut niveau. On se souvient qu’il possède un niveau international en Judo et qu’il a été 5 fois champion du monde de Sambo Combat.
Mais au-delà de ces simples considérations physiques, c’est son attitude et sa manière de vivre qui ont construit son mythe.

Un reportage sorti quelques jours avant le combat nous permet de nous mettre dans l’ambiance. Il suit les deux combattants dans leurs entrainements ( youtube.com/watch?v=mFoOSqVUv-g ).

Salle d’entrainement dernier cri pour Brett Rogers, à l’américaine. L’équipement est neuf et présent en abondance. Côté russe, les sacs de frappe hors d’âge succèdent aux barres de tractions rouillées, dans des salles aux murs décrépis. Un entrainement dur et en plein air est privilégié aux salles climatisées.
Temps mort ! L’occasion pour les organismes de se reposer. Brett Rogers en profite pour se rendre chez le barbier. Pendant ce temps, Fedor pratique le Banya, une technique russe de sauna ancestral, datant du moyen âge, suivi d’un bain dans un lac à proximité et dont on devine en voyant les premières neiges qu’il ne doit guère être à température confortable. Qu’importe, comme le dit Fedor « l’air froid dans le pays aide à recouvrer ses forces. »
Pèlerinage sur son ancien lieu de travail pour Brett Rogers, messe Orthodoxe pour Fedor et voilà, plus rien ne nous sépare désormais de l’évènement.

Jour J

L’entrée des combattants. A son habitude Fedor fait montre d’un calme surréaliste, aucune émotion ne filtre sur son visage, il ne déroge pas à l’attitude qui le fait décrire par beaucoup comme une machine. Point de sautillements dans tous les sens, point de provocations qu’elles soient véridiques ou pour « faire le show ». Juste un regard impassible, ce même regard qui troubla l’américain lors de la pesée et que Fedor a toujours baissé dans tous ses combats, évitant de se livrer à une pratique courante des combattants, qui fixent souvent leur adversaire de la manière la plus patibulaire possible. Peu importe qui paraît le plus fort avant combat, il préfère l’être pendant.

Le combat est très disputé avec de bonnes initiatives des deux côtés. Le premier jab de Rogers casse le nez de Fedor et le fait saigner. Décidemment l’américain est puissant et ne se laisse pas projeter facilement. Il arrivera par ailleurs à se relever et même à placer un enchainement de coups de poing au sol qui mettront le russe dans une situation périlleuse. Pas d’inquiétude, celui-ci connaît la musique. Une tentative de clef de bras qui échoue lui permet de s’en sortir.
Observation terminée. Le russe donne le ton avec un premier enchaînement aux poings. Rogers est solide et encaisse. Quelques instants plus tard Rogers gît sur le sol à côté de l’arbitre qui vient d’interrompre le combat. Bons baisers de Russie : un des fameux « parpaings » a atterri dans sa mâchoire. L’intervention de John Mac Carthy a évité à l’Américain le déluge de coups au sol qui allait suivre.

Grand-mère doit être inquiète.

Il s’agit maintenant de répondre aux questions.
« Je me sentais bien, grâce à Dieu. »
Et Fedor de prendre le micro : « Merci beaucoup à vous tous, à ceux qui sont venus ici pour m’encourager, à ceux qui m’ont encouragé dans mon pays. En ce moment il y a beaucoup de gens en Russie, des russes orthodoxes qui prient pour nous et ce n’est pas seulement ma victoire, c’est notre victoire. »

La Religion, la chose la plus importante dans la vie de Fedor, juste devant sa famille. Et rien ne m’empêchera d’y voir une explication à ce calme et ce contrôle légendaires. Il confie souvent que de toute manière tout est fruit de la volonté de Dieu et que lui se doit juste de faire de son mieux, ce n’est pas lui qui décide. Je pense sincèrement que cela lui donne une force mentale hors du commun, il lui importe nullement de prendre des coups et ne se met aucune pression. Il a foi, tout simplement, et cela tranche avec de nombreux autres qui ne croient qu’à l’argent ou la drogue.

Puisse cet exemple inspirer l’autre jeunesse que nous sommes !

Cédric

Tournoi déplacé !

Recounquista à Aix-en-Provence

A Cannes c’est un festival

Véronica Guerin

Elle fait des études d’économie au Trinity Collège, puis son père la prendra dans sa société spécialisée dans les relations publiques jusqu’à sa mort en 1983.

Sept ans plus tard, elle embrasse le métier de journaliste et travaille dans un premier temps pour le Sunday Business Post. Puis devient journaliste d’investigation pour le City’s Sunday Tribune.

Ce n’est qu’en 1994 qu’elle rejoint l’équipe du journal à très grand tirage, le Sunday Independant.

Elle se fait une renommée dans le monde journalistique irlandais grâce à la virulence de ses articles dénonçant les escrocs, le grand banditisme, et le marché de la drogue.Tout au long de sa carrière, la quête de la vérité fût sa philosophie.

Femme de terrain, elle allait au devant de ses sujets, au péril de sa sécurité n’hésitant pas à visiter à leur domicile les gros bonnets de la pègre irlandaise afin de leur tirer les vers du nez. Les lois irlandaises très strictes encadrant la diffamation, obligeait la journaliste à utiliser dans ses articles des pseudonymes, « le moine », le « Coach »…

L’enquête qu’elle mena sur le milieu de la drogue commença à lui attirer de sérieuses menaces. Dès la publication du premier article évoquant le rôle du « Général » deux balles sont tirées sur sa demeure en octobre 1994 et c’est en janvier 1995 qu’un homme frappa à sa porte, pour l’agresser en lui pointant une arme à feu sur la tête, puis en lui logeant une balle dans la cuisse à bout portant. L’agresseur ne fût jamais identifié, même si certains pensent qu’il y aurait un lien avec le casse historique du dépôt de l’aéroport. Véronica avait écrit un papier mettant en relation les trafiquants et le hold up.

A peine remise de son attaque, elle se fait conduire par son mari chez plusieurs présumés coupables de son agression. Une alarme fut installée et une escorte policière l’accompagna dans ses déplacements. Consciente que la présence de la police à ses cotés nuisait à son travail d’investigation elle demanda la levée de cette mesure.
Septembre 1995, son enquête sur le cartel de la drogue de Dublin l’amène chez un certain John Gilligan. Dans les yeux elle lui demande l’origine de ses revenus lui permettant d’entretenir un centre équestre aussi important. Le propriétaire la passe aussitôt à tabac, lui déchire ses vêtements à la recherche de micros. Puis il la menacera ensuite de violer son fils et de la tuer ensuite si un seul article lui faisant référence était publié. Le fait que l’on veuille s’en prendre à son fils l’effraya et la traumatisa au plus haut point mais elle décida de ne pas céder à la menace. Elle ne devait pas perdre la guerre contre la drogue, c’était devenu plus qu’un simple reportage, une mission.

C’est en décembre 1995 qu’elle reçoit le « press freedom award » pour sa bravoure à enquêter dans les conditions les plus exécrables avec les menaces de morts de la pègre et les menaces d’emprisonnements en cas d’infraction à la législation Irlandaise concernant la diffamation.

Excédé par l’ingérence de la journaliste dans leurs sales besognes, un ordre est donné pour son élimination.
Son meurtre aura lieu l’après-midi du 26 juin 1996. A une intersection, arrêtée à un feu rouge elle téléphonait à un ami. Une moto chevauchée par deux hommes arrive à sa hauteur, le passager ouvre le feu à 5 reprises à bout portant tuant sur le coup Véronica Guérin.

Ses funérailles réunirent des milliers de personnes. Le président ainsi que des membres du gouvernement suivirent le cortège. Le 4 juillet un moment de recueillement fut suivi à travers toute l’Irlande.

Celui qui devint le premier «repenti » d’Irlande, Charles Bowden permit l’arrestation des principaux coupables. La police appréhenda en octobre 1996 le trafiquant d’héroïne Paul Ward (le bras droit de Gilligan) pour participation au meurtre de Véronica Guérin. Il avait fourni l’arme et la moto et fut condamné à la prison à vie par la cour criminelle spéciale de Dublin.
Le 29 juillet 1999, Brian Meehan, arrêté aux Pays-Bas en octobre 1997, est également reconnu coupable d’avoir participé au meurtre et est accusé de 17 autres chefs d’inculpation.
Extradé de Grande Bretagne, John Gilligan, dont on n’a jamais pu (ou voulu) prouvé sa participation directe à l’assassinat, fut interpellé pour blanchiment et trafic de cannabis à 28 ans de prison. Par la suite, le gouvernement Irlandais rajouta dans sa constitution une loi permettant la saisie des biens de criminels coupables de blanchiment de l’argent de la drogue.

Les citoyens des quartiers de Dublin infectés par la drogue se soulevèrent et rendirent la vie impossible aux dealers. Le 15 mars 2001 John Gilligan a été acquitté pour le meurtre de la journaliste et purge sa peine à la prison de Portlaoise pour trafic de cannabis.

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