Découverte : le girevoy, une méthode de culture physique européenne

Connaissez-vous le girevoy ?
Méthode de culture physique peu connue en France, voire inconnue, le « girevoy sport » s’est longtemps pratiqué en Allemagne. Aujourd’hui, il est encore en vigueur dans les pays de l’Est et notamment en Russie. Il tire son nom de l’objet sur lequel il repose : la giria.

Appelée « kettlebell » par les Anglo-saxons,car elle ressemble en effet à une grosse bouilloire, la giria est tout bêtement une boule de fonte avec une poignée fixée dessus. Les girias traditionnelles russes existent en trois catégories de poids : 1, 1,5 et 2 poods (unité ancienne de poids russe, ce qui correspond à peu près à 16, 24 et 32 kg). Le Girevoy sport est certainement aussi vieux que la Russie, puisqu’on en retrouve trace déjà au Moyen-Âge et peut-être même avant encore.
Les girias permettent de faire divers exercices comparables à ceux de l’haltérophilie comme les arrachés, les épaulés-jetés, les développés à la différence près que le Girevoy sport nécessite beaucoup moins de matériel que l’haltérophilie. Une bonne barre d’haltérophilie comme une Eleiko, avec les disques de fonte allant avec, peu allégrement atteindre les 3000 euros en tout, et cela sans compter la plate-forme à installer. Une paire de girias fabriquées par un bon métallo ne devrait pas dépasser les 300 euros. De plus on peut s’entraîner avec n’importe où du moment que le sol est stable et qu’on a suffisamment d’espace pour se pencher en avant et pour lever les bras en l’air. Ce qui veut dire que l’on peut faire du girevoy sport aussi bien en plein air l’été, ou bien au chaud chez soi l’hiver, dans un gymnase super équipé, ou bien tout simplement sur son balcon (comme font les Russes d’ailleurs…).

Les exercices de girias peuvent également se pratiquer avec haltères pour la plupart d’entre eux. Cependant il faut noter que le maniement de la giria est plus difficile (et donc plus productif en termes de résultats sportifs!) que celui d’un haltère bien équilibré, parce qu’une giria à cause de sa forme particulière, à toujours son centre de gravité décalé par rapport aux membres de l’athlète (qu’on appelle girevik), ce qui fait qu’elle induit toujours une résistance mécanique sur le membre exercé. Cette position spéciale en fait également un objet très efficace pour les exercices d’assouplissement. Il faut noter au passage que dans le cadre de la médecine sportive des pays de l’Est – alors très en avance par rapport à son homologue occidentale engluée pendant des décennies dans le culte de la VO2max et du 421GLP – les exercices d’assouplissement était considérés comme des exercices de musculation à part entière, visant à améliorer l’amplitude articulaire non en se basant sur le postulat faux et dangereux d’étirer les tendons, voire les ligaments, mais plutôt d’inhiber le réflexe myotatique (qui pousse le muscle à se contracter lorsqu’il atteint une amplitude articulaire à laquelle il n’est pas habitué, en le renforçant dans ladite amplitude articulaire). Les sportifs russes ont, pendant des années, utilisé les girias pour améliorer leur technique au développé et au squat, et également pour la rééducation des blessures pouvant résulter de leurs activités. Une des caractéristiques les plus intéressantes au niveau des girias traditionnelles est qu’elles sont disponibles dans des variétés à poids fixe. Il en existe des ajustables, avec lesquelles, comme pour les haltères, on peut rajouter du poids sous forme de disques de fontes, mais d’un point de vue biomécanique elles ne sont pas terribles.

Ce système de poids fixe a amené les Russes à développer des compétitions, en particulier au XXème siècle, visant non à atteindre une charge maximum dans le cadre d’une répétition du mouvement comme cela se pratique en haltérophilie et en powerlifting, mais plutôt à faire un maximum de répétitions pour une charge donnée. Ainsi le girevoy sport a amené la médecine sportive russe à s’intéresser à une autre composante de la force qu’on appelle la force-endurance. La force-endurance telle que développée dans le girevoy sport a des applications particulièrement utiles dans les domaines sportifs comme les sports de combat : les gireviks sont d’ailleurs nombreux dans l’armée russe, parmi les samboïstes, boxeurs, et karatékas. Il existe une conception particulièrement erronée dans la médecine sportive occidentale qui veut que l’endurance et la force soient deux composantes de la forme physique dont le développement ne peut que se faire de manière séparée. Des auteurs de talent comme Jean Texier ont malheureusement beaucoup influencé les gens dans ce sens, en expliquant que les exercices d’endurance et de force ne pouvaient être mélangés sans se nuire les uns aux autres. En effet un exercice d’endurance est un exercice de faible intensité et de longue durée, alors qu’un exercice de force sera plutôt de forte intensité et de courte durée. On pourrait donc les croire antinomiques.

Cependant le girevoy sport, telle une allégorie païenne, nous démontre qu’il n’en est rien, et que c’est bien de l’union des contraires que naît l’harmonie. Une bonne séance de girias peut se faire en moins de 20/30 minutes voire moins – le Docteur Coopper a montré qu’on pouvait obtenir une augmentation sensible de la puissance aérobie par des séances d’entraînement où l’on faisait monter le rythme cardiaque de manière continue entre 60 et 80% de sa fréquence maximale pour une période de temps comprise entre 12 et 20 minutes. Essayer de faire 25 répétitions d’arraché avec un haltère même ne serait-ce que de 5 kilos, et cela pour chaque bras, et vous verrez par vous-mêmes que le girevoy sport procure une stimulation plus qu’adéquate à ce niveau-là, voire supérieure car comme dans tous les entraînements de type circuit-training la charge de travail est plus élevée par le simple fait que les différents groupes musculaires du corps sont utilisés à tour de rôle et chacun d’entre eux peut se reposer pendant qu’un autre travaille), et cela avec des charges conséquentes : un «  dviépoudovnik ‘ représente quand même entre 1/2 et 1/3 du poids de corps moyen d’un homme adulte. Je peux vous garantir que même pour un haltérophile expérimenté capable d’épauler-jeter son poids de corps ou de faire des reps au squat avec une fois et demie ce dernier, ça peut être énorme!… Pavel Tsatsouline, ancien entraîneur des Spetsnaz, et qui depuis quelques années est à l’origine du spectaculaire renouveau du « kettlebell lifting » outre-atlantique (à tel point que les kettlebells ont trouvé leur place même dans le PT des Marines US…), pour obtenir son titre national russe en girevoy sport, a dû arracher (un arraché, pour ceux peu familiers avec les sports de fonte, cela signifie prendre une charge au sol et l’amener directement à bout de bras au-dessus de la tête, en s’aidant de préférence d’une bonne flexion des hanches) une giria de 32 kg, 40 FOIS AVEC CHAQUE BRAS, et ensuite développer deux girias de ce type 45 fois. Il va sans dire que ce type d’entraînement entraîne des gains spectaculaires aussi bien au niveau de la force, que de l’endurance, de la souplesse, et de la coordination neuro-musculaire, et ceci a largement était documenté dans la littérale médicale russe. Last but not least, la modification de l’environnement hormonal de l’organisme obtenue par ce type d’entraînement de manière NATURELLE (alors qu’on a souvent tendance à dire athlète de l’Est = stéroïdes) influe de manière très positive sur la composition corporelle du corps, surtout couplée à une alimentation adéquate.

Ce qui est aussi formidable avec ce type d’exercice, c’est l’incroyable variété de mouvements qu’on peut effectuer avec des moyens aussi simples, alors qu’avec des moyens high-tech on se retrouve vite cantonnés dans des exercices très peu variés et souvent peu efficaces. Par exemple, lorsque vous disposez d’une machine de type leg-extension, vous ne pouvez faire que des extensions de jambes et rien d’autre. De plus sur une machine l’activation neuro-musculaire n’a rien à voir avec la réalité d’une activité sportive comme dans la course, ou le saut. Par contre avec une giria ou un haltère vous pouvez faire des squats sur une jambe, mais aussi toute la liste des mouvements haltérophiles énumérés précédemment, plus d’autres mouvements plus spécifiques : bref la liste des exercices possibles n’a pour seule limite que celles de votre imagination et de vos capacités biomécaniques, et cela pour un prix encore une fois 10 à 20 fois inférieur à celui d’une bécane de type Cybex ou Nautilus. Ajoutez à ce menu des mouvements classiques comme les différentes variétés de pompes, de tractions, et de relevés de buste (comme ceux proposés par le Pr Janda de Tchécoslovaquie, expert réputé auprès de l’OMS au sujet des questions de réhabilitation), et vous verrez les plus sérieux des culturistes abandonner les gymnases pour des lieux plus sympathiques. Une paire de girias ne tient absolument pas de place, et peut être transportée en voiture (maintenant vous savez comment faire sensation à la plage de Saint-Malo cet été…).

Bref pour résumer, on peut dire que le girevoy sport mérite vraiment d’être découvert en France, en particulier dans le cadre de la mouvance identitaire, par le simple fait qu’il s’agit d’une discipline typiquement européenne, nécessitant des moyens très minimes mais donnant un maximum de résultats…

Source : Les Identitaires

Envoyé spécial : Les nouveaux cocaïnomanes


« Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Des crimes directs, bien sûr –arrestations, tortures, exécutions et autres joyeusetés chères aux grands ancêtres sans culotte ou marxistes- mais aussi des forfaits plus indirects, psychologiques ou moraux, qui ne sont pas moins graves.

Ainsi notre société présentée comme celle de la liberté individuelle absolue est-elle en réalité devenue celle de la toxicomanie généralisée. En son sein, des individus totalement atomisés cultivent, chacun de leur côté, leur petite addiction, leur triste dépendance compulsive et obsessionnelle qui masque tant bien que mal le vide d’existences réduites à l’utilitarisme le plus étriqué, piteusement agrémenté d’un hédonisme mécanique et vulgaire. Cannabis, « shopping », télévision, jeux vidéo, alcool, pornographie, internet… tout est bon pour échapper au vide et à l’angoisse de l’absence de sens. Car le nœud du drame se situe bien là, dans cette absence de but, de signification à laquelle sont confrontées des générations dépouillées par la modernité de tout ce qui excède la fonction purement économique.

En quelques dizaines d’années l’ogre Capital est en effet parvenu à arracher à l’homme européen à la fois ses liens horizontaux (famille, communauté, peuple…) et ses liens verticaux (spiritualité, religion, histoire…), rejetant sur le trottoir pouilleux du mercantilisme déifié un hominidé sans foi ni conscience passant sa vie à occuper des « jobs » que bien souvent il exècre mais qui lui permettent de s’offrir des gadgets dont il n’a pas besoin et quelques soirées de défonce et d’oubli chaque fin de semaine.
Peut-on concevoir des issues à cette spirale de déréliction ?
Bien sûr, car le renoncement facile est justement le plus utile et sûr allié de ce système infect.
Les solutions passent tout d’abord par une rupture personnelle effective, d’abord partielle puis totale, avec ces comportement de drogués de l’avoir qui nous déshumanisent un peu plus chaque jour.
N’acheter que l’indispensable, donner autant et aussi souvent que possible, échanger des services, ne plus aspirer aux artifices, ne plus juger sur l’apparence, retrouver la simplicité perdue…
De cet effort individuel, difficile et immense mais indispensable, naîtront les alternatives collectives et communautaires qui recréeront les solidarités charnelles aujourd’hui totalement dévastées.

Tendons la main à nos frères, appelons le camarade que l’on sait isolé, passons nos bras confiants autour de l’épaule du maltraité ou du timide et allons ensemble marcher sur les routes et chemins de notre continent, allons danser, faire du sport, militer, chanter, réciter des poèmes, construire de nouvelles forteresses et ripailler ! Car cette gigantesque fuite dans les drogues se nourrit sans doute avant tout de l’ennui et de la plus cruelle des solitudes : la solitude au milieu de la foule anonyme, celle que l’on peut aussi bien ressentir dans le brouhaha d’une discothèque, au cœur d’un amphi bondé ou dans le ventre du métro aux heures de pointe. La solitude de ceux qui veulent vivre et pas seulement être vivants.

P. Chatov

Santé : les gros dégâts des drogues chez l’ado

Qu’il s’agisse de cocaïne, de tabac, d’alcool ou de toute autre assuétude, les dangers sont encore plus grands. A 12 ans, le cerveau de l’enfant n’a en effet pas terminé son développement. Le lobe frontal n’est fonctionnel qu’à 24 ans. A douze ans, le cerveau de l’adolescent n’est qu’à mi-chemin de son développement. C’est pourquoi, à cet âge, les dégâts des drogues se révèlent particulièrement lourds de conséquence. Manifestement passionné par cette problématique, le Dr Jacques Jungers, gynécologue, mais avant tout père de trois adolescents, donne des conférences très attendues sur ce thème, dont il a bien voulu nous entretenir.

Que sait-on au juste du cerveau des adolescents ?
Depuis l’arrivée de l’imagerie par résonance magnétique (IRM), comme outil médical d’investigation, on s’est rendu compte qu’à 12 ans, le lobe frontal qui nous différencie de toutes les espèces vivantes sur terre et qui fait de nous des êtres humains, est non fonctionnel. Ce fut une découverte extraordinaire car, jusque-là, on pensait que le cerveau d’un enfant avait déjà terminé son développement et qu’il était identique à celui d’un adulte. Il n’en est rien. La mise en fonction de ce lobe frontal est directement liée à l’environnement de l’adolescent. Cette maturation va durer douze années encore. Le cerveau n’est en fait un organe complètement fonctionnel qu’à l’âge de 24 ans.

Qu’est-ce que cela signifie ?
Cela veut dire que le cerveau n’est “câblé” ou qu’il n’a fini sa structuration qu’à 24 ans. Et c’est en fonction de l’environnement, c’est-à-dire de la qualité du temps et des liens de l’ado, qu’il va câbler son lobe frontal servant à planifier ou à coordonner l’ensemble du reste du cerveau.

Qu’est-ce qui peut entraver ce “câblage” et quelles en sont les conséquences ?
Essentiellement les drogues, ou la recherche du plaisir et de la satisfaction immédiate par les assuétudes que ce soit le haschich, la chicha ou le poker, entre autres. Toutes ces drogues vont moduler une réaction chimique au niveau de la jonction nerveuse appelée “synapse” et ainsi détruire les nerfs. Mais c’est aussi l’environnement, dont la qualité des liens, qui va faire la différence. S’il y a des défaillances à ce niveau, les conséquences sont irrémédiables. Le lobe frontal contrôle en effet l’ensemble des fonctions du système nerveux ainsi que le système limbique qui est le système de récompense, de l’affection, de l’émotion. C’est pourquoi, tant que le lobe frontal de l’enfant ou de l’adolescent n’est pas fonctionnel, il sera toujours amateur de sensations fortes, de dépassement de soi et d’émotions extrêmes. Ce qui explique des expressions comme “Ce type est vraiment trop !”. Le fait que les adolescents utilisent souvent des superlatifs dans leurs relations affectives est lié au lobe frontal qui ne gère pas l’ensemble de leurs émotions.
Pour ressentir des émotions fortes, les adolescents vont faire des choses extrêmes, comme des sports. Et le lobe frontal ne va pas les faire raisonner sur le risque réel qu’ils prennent. Un ado qui sort d’une boîte de nuit complètement “bourré” ne maîtrise pas le risque qu’il prend en se mettant au volant. Il faut donc le lui expliquer pour qu’il comprenne. Lui interdire ne sert à rien car il recherche précisément des émotions fortes.
Un autre exemple : dire à son adolescent que, demain, il faudra sortir les poubelles et faire la vaisselle avant d’aller voir ses copains n’aboutira à rien. Douze heures après, il est incapable de remettre ces trois éléments dans l’ordre car la seule chose qui compte pour lui, ce sont les émotions, en l’occurrence voir ses copains.

En quoi la prise de drogue, à cette période précise, s’avère-t-elle encore plus dangereuse ?
Qu’il s’agisse de tabac, de haschich, de cocaïne ou de toute autre drogue, cette prise aura pour effet de renforcer le système limbique de récompense mais par ailleurs de détruire les cellules nerveuses du lobe frontal. Or, la destruction d’une cellule nerveuse est irrémédiable, et c’est là le drame. Car nous avons constaté que la première cause de mortalité chez les ados est le suicide. Or, quand on renforce le système limbique d’un enfant, il va exploser de telle sorte que, soit il fait un voyage magnifique, soit il fait une dépression s’il a le blues. Cet effet-là sera également renforcé. Et le premier pétard est probablement la première cause de passage à l’acte, la première cause qui pousse l’ado à franchir le pas et à se suicider.
Au plus le lobe frontal est immature, c’est-à-dire au plus on est proche des 12 ou 13 ans, au plus les dégâts seront causés facilement et se révèleront irréversibles. C’est pourquoi les vendeurs de drogues ont intérêt à s’adresser à un public le plus jeune possible qui n’a pas la capacité de gérer l’effet pervers de ces drogues. Fumer ou boire de l’alcool à 12 ans est beaucoup plus grave que fumer à 20 ans. Car l’alcool et la drogue ne font qu’accentuer voire maintenir dans l’immaturité le lobe frontal d’un adolescent. Ce n’est en effet qu’à l’âge de 24 ans que les hormones vont libérer l’ensemble du lobe frontal pour que son câblage se termine, signant la fin de l’adolescence.

Comment peut-on moduler ou imprimer ce lobe frontal ?
Cela se fait tant au niveau de l’attitude dans l’environnement proche, et notamment des parents, des éducateurs et des enseignants, qu’au niveau de la responsabilité de l’adolescent. Il s’agit donc d’une part d’avoir un langage cohérent afin que l’ado n’utilise pas nos propres incohérences et d’autre part il faut qu’il devienne acteur de sa propre vie. Si lui ne décide pas d’avoir confiance dans son environnement, il ne câblera pas son système nerveux central et n’arrivera pas à sortir de l’adolescence. La collaboration des deux est donc essentielle.

Quel est ici plus précisément le rôle des parents ?
Il se situe à plusieurs niveaux. Il y a le temps que l’on prend pour nos adolescents. Et si, dans nos sociétés actuelles, il est réduit, il y a surtout la qualité du temps. Il y a également la qualité du lien affectif, en l’occurrence comment parle-t-on à nos jeunes. Ensuite, la cohérence du message est également importante. Si un parent critique par exemple un enseignant, l’enfant n’a plus le rapport à l’autorité de l’enseignant.

Source : Laurence Dardenne pour La Libre Belgique